Laâyoune : La Guedra, chorégraphie du Sahara

Laâyoune : La Guedra, chorégraphie du Sahara

Dans la société marocaine sahraouie, la femme a un statut privilégié. Elles sont réputées par la qualité de leur danse et leur grand talent. Certains expliquent cela par le fait que la femme a une certaine sensibilité par rapport aux rythmes du tambour. D’autres par sa sensibilité que dégage la danse sahraouie où les doigts et le corps transgressent le vide pour exprimer leur communion avec les rythmes dégagés par le tambour.
Dans cette partie du Royaume, la danse de la Guedra est très connue. Elle est l’un des piliers du folklore sahraoui qui a marqué toute l’histoire culturelle du Maroc. Cette danse est pratiquée par une danseuse, voilée et drapée pour la circonstance, exhibant ses mains ornées de henné. Elle exécute des gestes de la main et réalise une chorégraphie. Le groupe musical l’accompagne tout en suivant le rythme de la danseuse. Cette dernière effectue des mouvements appelés «Tadaoui» accompagnés de chants collectifs «Hammayetse» qui suivent trois étapes avant d’atteindre l’apogée avec les chants «Ahoutch». Ce groupe musical est composé de plusieurs hommes formant un cercle, dont l’un « l’Ennakar », exécute tout au long de la danse un rythme régulier en frappant avec les « Maghazels » sur un tambour en poterie appelé la Guedra, d’où le nom donné à cette danse. Les participants chantent en battant des mains, alors que la danseuse, agenouillée, les yeux fermés, accomplit des mouvements avec ses bras tout en faisant vaciller sa tête. Tout geste a une signification symbolique. La danseuse répète ses mouvements en parfaite osmose avec le rythme et le chant, jusqu’à ce qu’elle épuise ses dernières forces. Elle montre ainsi toute sa sensualité.Les femmes de cette région sont connues par une sensibilité perçue lors de la danse sahraouie où les doigts et le corps transgressent le vide pour exprimer leur communion avec les rythmes dégagés par le tambour. Les outils utilisés par les chanteurs sont inspirés du quotidien de la vie saharienne, et sont en général des outils traditionnels.
Quant à la danse effectuée par le groupe Tissint, elle constitue également une spécificité de cette région. Cette danse, appelée danse du poignard, elle est un véritable rituel du mariage. Elle est exécutée par une rangée de jeunes filles, vêtues d’un costume de couleur indigo et parée de bijoux en argent. Une rangée d’hommes, placés en face de celles-ci, interprète la musique à l’aide de «bendir» et de «ganga». Parmi les ténors de ces danses il y a la troupe de Batoul Almarouani, qui doit son nom à son chef, l’artiste Batoul Almarouani, originaire des provinces du sud marocain, et qui accompagnait déjà son père dans ses spectacles. Dans les années 80, elle a connu la célébrité et la troupe a participé à plusieurs festivals, tant au Maroc qu’à l’étranger. Elle pratique la danse populaire sahraouie des provinces du sud marocain, ses chansons filent au rythme du tambour et la Guedra d’une part, et de la célèbre danse du poignard d’autre part. Cette troupe se compose de dix hommes et femmes qui portent des habits traditionnels, des capes et des darrâa, sorte de gandouras.
Parmi les troupes les plus connues, il y a celle de Khossifa Khayi, elle est composée de onze femmes et d’un seul homme. Ce groupe de musique jouit d’une grande réputation et son répertoire est connu de tous au Sahara marocain et même en Mauritanie. D’ailleurs dans la tradition hassanie, juste après le dîner, les jeunes, hommes et femmes, se regroupent pour se distraire et passer des moments agréables en chantant des vers de la poésie hassanie. La danse des femmes met en scène le mouvement harmonieux des doigts de la main alors que les hommes accomplissent la danse du poignard.

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