Laâyoune : Tous pour une maternité sans risque

Laâyoune : Tous pour une maternité sans risque

La santé maternelle et infantile était au centre d’une table ronde tenue à Laâyoune le 31 mai. Objectif : débattre et échanger les expériences nationales et étrangères en matière de protection de la santé maternelle.
Initiée par l’Association marocaine pour la formation et l’encadrement dans le domaine de la santé dans les provinces du Sud, cette rencontre a connu la participation d’un certain nombre de médecins et chercheurs marocains et étrangers, des enseignants de CHU, les infirmiers des hôpitaux de Laâyoune et des représentants des associations locales. Ainsi, ces participants se sont penchés sur les différentes questions se rapportant aux soins obstétricaux d’urgence, les soins de base aux nouveau-nés, la consultation postnatale, la santé maternelle, néonatale, infantile et la gynécologie. Au programme, des thèmes des plus intéressants. Les déterminants de la mortalité maternelle et infantile, les mécanismes et techniques opératoires et thérapeutiques pour prévenir cette mortalité, ont été les questions phares abordées. Intervenant lors de cette rencontre, le professeur Henri Jean Phillipe, chef du service de gynécologie-obstétrique au CHU de Nantes et président de l’Association de gynécologie sans frontières, a souligné l’importance de la prévention pour promouvoir la santé maternelle et infantile, et il a appelé à l’adoption d’une approche médico-sociale.
Pour les autres intervenants, la santé maternelle prend en compte tous les aspects de la santé de la femme de sa grossesse, à l’accouchement jusqu’au post-partum, et les principales causes directes de morbidité et de mortalité maternelles sont les hémorragies, les infections, l’hypertension artérielle, l’avortement pratiqué dans de mauvaises conditions de sécurité et la dystocie, c’est-à-dire les complications survenant lors de l’accouchement. Le nombre de cas de mortalité infantile au Maroc s’élève à 227 par 100.000 naissances vivantes, contre 180 en Algérie et 150 en Tunisie. Chose qui a été qualifiée d’inacceptable par les participants à cette rencontre, qui se sont interrogés sur les causes de ce problème de santé qui touche aussi bien le milieu urbain que rural.  Ils ont cité parmi les causes de cette situation l’insuffisance du budget alloué au programme «Maternité sans risques», la faible qualité de prise en charge des soins obstétricaux d’urgence, les pratiques traditionnelles, l’analphabétisme, l’accessibilité géographique et la pauvreté. Ils ont, d’autre part, passé en revue la stratégie du ministère de la Santé en la matière, mettant l’accent sur l’insuffisance des moyens aussi bien techniques qu’humains. Ils ont, à cet égard, appelé les différents acteurs et intervenants dans le secteur à conjuguer leurs efforts en vue de trouver les solutions adéquates à ce problème à travers notamment, l’élargissement des prestations sanitaires ayant trait à la mère, à l’enfant et à la planification familiale, l’amélioration des infrastructures de base, l’implication du secteur privé en matière de santé maternelle, pour essayer de réduire le taux de mortalité maternelle qui figure parmi les critères internationaux adoptés en matière d’indice de développement humain. Signalons, par ailleurs, que selon un rapport de l’Unicef et de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) publié en octobre 2007, la mortalité des femmes en maternité dans le monde recule lentement, d’où la nécessité de la mise en place des stratégies d’information, d’éducation et de communication pour arriver à une maternité sans risques.

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