Le cèdre, emblème du moyen Atlas

Le cèdre, emblème du moyen Atlas

Le Moyen Atlas est une région forestière qui s’étale sur trois zones géographiques contiguës (la montagne, le pied de celle-ci et la plaine) et constitue une zone de conservation de l’écosystème du cèdre par excellence, soit 85 % de la superficie de la céderaie au niveau national.
Selon la Direction régionale des eaux et forêts de Meknès, la situation géographique de la région du Moyen Atlas lui confère une grande variété bioclimatique (bioclimat saharien, aride, semi-aride, sub-humide, humide et climat de haute montagne) et une importante diversité biologique (50% des associations végétales,50% des espèces de mammifères et 60% des espèces d’oiseaux).Cette région couvre 7921000 ha dont 820418 ha de domaine forestier (10,4%). Ce potentiel forestier est un enjeu stratégique pour la région du fait qu’il constitue un patrimoine protecteur, productif et génétique (eau, sol, biodiversité, etc). Par ailleurs, l’activité économique dans la région est dominée par le secteur primaire (agriculture, élevage et forêt) qui occupe 43% de la population active. Le cheptel de la zone est estimé à 2,6 millions de tête (bovins, ovins, caprins et autres). Le cèdre de l’Atlas, qui fait la fierté de la région, occupe 133.000 ha, dont 114.542 ha relevant de la zone d’action de la Direction régionale des Eaux et forêts de Meknès. Il constitue une richesse sur le plan écologique, socio-économique et offre des potentialités de production importantes principalement en bois d’œuvre et bois de feu, ce qui lui donne une valeur particulière au Maroc. Par la multiplicité des fonctions qu’elle assure, la céderaie reste soumise à des pressions multiples conduisant à une évolution régressive des écosystèmes et un déséquilibre des sociétés rurales qui y vivent. Les contraintes qui entravent la pérennité de la céderaie tiennent essentiellement au surpâturage, au bois d’énergie (prélèvement excessif du bois dépassant les possibilités des forêts) et aux droits d’usage qui ont augmenté sous l’effet de la croissance démographique.
La problématique de la conservation et la gestion des ressources naturelles en général et forestières en particulier est caractérisée dans la région du Moyen Atlas par un antagonisme entre une offre limitée et une demande pressante et accrue dans un écosystème naturel déséquilibré et fragile. Selon la Direction régionale des eaux et forêts, «la population qui utilise les produits de la forêt manque d’organisation, ce qui rend difficile son implication active et durable dans le processus de développement des écosystèmes forestiers et des ressources naturelles». Cette même source explique que «le seul moyen pour impliquer, dans ce processus, cette population qui, en majorité, vit dans la précarité et la pauvreté, c’est qu’il faut créer des activités génératrices de revenus dans sa région». Toutefois et en dépit des efforts entrepris, la céderaie reste sujette aux délits par des prélèvements de bois de service et le bois d’œuvre, souvent à des fins commerciales par des bandes organisées qui menacent ainsi le devenir de ce précieux patrimoine.

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