Le PJD, seul contre tous

Le groupe des conseillers du Parti de la justice et du développement (PJD), de la commune urbaine de Fès, a organisé, samedi 10 mars, une conférence de presse sous le thème de la gestion financière de la commune urbaine de Fès. Ce sont Omar El Fassi, Hassan Boumcheta, Hassan Mouhib, Mohamed Amrani Jouti et Azze Eddine Cheikh qui ont répondu aux questions des journalistes. Ils ont saisi l’occasion pour aborder plusieurs dossiers concernant la gestion financière de la commune urbaine de Fès.
La session de février a vu le PJD voter contre le compte administratif de 2006. Selon les conseillers, le parti a été exclu de la commission financière et ses représentants n’ont été convoqués que le jour de la tenue de la session.
Selon M. Boumcheta, élu du PJD, «la commune travaille sans programme de développement, ce qui est contraire à la charte communale et plus précisément à son article 36 ».
Selon un communiqué du parti, « la faiblesse des recettes propres de la commune urbaine est patente». Le document soulève aussi des incohérences. Notamment le fait que le budget dépend trop des recettes de la TVA et des patentes. La faiblesse du taux d’épargne brut (3,5%) et de l’investissement (10.68 %) fait que l’endettement absorbe le 1/5ème des dépenses (23.30 %). Autre point mis en avant : les ressources dépendent de la vente du foncier vu la faible progression des ressources en provenance des différentes taxes.
La plus grosse part des dépenses, ajoute la même source, est absorbée par les dépenses dites incompréssibles et estimées à plus de 392 millions DH. Il s’agit, entre autres, du règlement des dettes, du paiement des délégataires de services communaux (éclairage public, ramassage d’ordures, espaces verts), des allocations réservées aux arrondissements et des salaires et indemnités du personnel qui représentent près de 91,94% des dépenses.
Ces charges obligatoires réduisent ainsi la marge de manœuvre de la commune, qui se retrouve avec une enveloppe de 34,4 millions DH. Un montant qui servira notamment à l’organisation des festivals (Madih, musiques andalouses, circoncision et moussem de Sidi Ali Boughaleb) et à la gestion des différents services communaux. D’un autre côté, la documentation, remise lors de la session du conseil communal, indique qu’en comparaison avec 2003, le budget prévisionnel pour 2007 a enregistré une augmentation de 41%. Aussi, les recettes budgétaires de la ville seront assurées à hauteur de 40% par les taxes urbaines, de propreté et professionnelles. Le complément est assuré par la TVA (32,5%), les impôts locaux et autres taxes que le receveur des finances collecte pour le compte de la commune (27,5%). Le maire Hamid Chabat a déclaré lors de cette session que la ville a reçu cette année 12 bus grâce à un partenariat avec Strasbourg et qu’un plan de déplacement urbain est à l’étude en collaboration avec Montpellier.
«Deux dons d’une valeur de 483.500 et 1.041.260 DH nous ont été accordés respectivement par Barcelona Solidària-Arxiu Municipal de Catalunya, dans le cadre du programme “Archives sans frontières“ et par l’UE dans la cadre du plan Med Act», a- t- il ajouté.
A noter par ailleurs qu’un partenariat a été conclu récemment avec la ville de Loja pour la restauration et la signalisation du mausolée de Lissan Al-Din Ibn Khatib.
Sur les 60 élus présents à cette session du conseil de la commune de Fès, 52 se sont mis d’accord sur un budget de l’ordre de 427 millions DH. Ce qui représente une hausse de 1,88% par rapport au budget de l’année précédente. Cependant «le PJD a été le seul à voter contre le compte administratif, alors que l’Union socialiste des forces populaires (USFP) a voté en sa faveur alors qu’elle refusait jusqu’alors de l’entériner», conclut un élu du PJD.

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