Le Salon du livre cultive sa différence

Le Salon du livre cultive sa différence

Organisée sous le thème «L’étranger dans la langue», la onzième édition du SILT s’est déroulée du 28 février au dimanche 4 mars 2007. «Cette manifestation s’adresse beaucoup plus à la jeunesse. C’est pourquoi, nous avons invité des étudiants marocains à y participer», a déclaré à ALM le nouveau commissaire de ce salon, Bernard Desportes, qui était assisté par un jeune étudiant marocain pendant les préparatifs de ce salon. Le programme a été riche et varié. Il a comporté de nombreuses rencontres, notamment une conférence d’Aline Schulman sur «Don Quichotte, roman arabe», un dialogue rassemblant Abdelwahab Meddad et Jean- Luc Nancy, une table ronde sur «La poésie contemporaine», ainsi qu’une rencontre sur «L’étranger dans la langue», animée par les étudiants de l’université Abdelmalek Essaâdi.
M. Desportes a rappelé en substance que «la journée inaugurale du festival a été marquée par une table ronde sur la darija qui a permis aux participants de débattre sur l’importance de cette langue dialectale influencée par la culture arabe en général et l’arabe classique en particulier». A l’instar de Bernard Collet, écrivain et cinéaste français d’origine marocaine, la plupart des invités ont souligné que le SILT s’affirme de plus en plus comme un forum de rencontres et de dialogue. «C’est un forum qui a sa propre spécificité et diffère des autres Salons internationaux du livre qui sont devenus de forums commerciaux». Par ailleurs, le SILT s’est distingué, cette année, par une très faible participation des éditeurs étrangers. «Cela s’explique surtout par le fait que la date de la tenue de cette manifestation coïncide avec celle du Salon international du livre de Paris», a tenu à rappeler à ALM Larbi R’Miki, président de l’Association Tanger région et action culturelle, partenaire de l’institut français dans l’organisation du SILT 2007. La plupart des éditeurs présents à Tanger ont affirmé qu’il y a eu «un manque de communication autour de cette onzième édition du SILT et un mauvais choix pour l’emplacement des stands. Pour eux, les organisateurs auraient dû mettre en place des panneaux sur les principales artères de la ville».
Contrairement à ces affirmations, le patron des éditions Al Manar, Alain Gorius, estime que le salon a connu la même affluence que l’année dernière. «Notre stand a été très visité, bien que les livres que nous éditons traitent de l’art et des artistes et qu’ils sont imprimés en nombre limité».
M. R’Miki, souligne de son côté que l’emplacement des stands en plein centre- ville «était judicieux et stratégique». «Des marchands ambulants, des ménagères et des touristes y faisaient un petit détour, par simple curiosité ou par amour pour le livre». «Le SILT, poursuit-il, n’a jamais été un salon commercial destiné à l’amélioration du chiffre d’affaires des éditeurs, mais il demeure, toutefois, un forum de rencontres, de débats et de réflexion autour des thèmes choisis».
Une conférence sur le poète André du Bouchet au Palais des institutions italiennes a clôturé cette onzième édition. Elle a permis à M. Desportes de rendre hommage à ce poète qui, selon lui, «est un personnage qui incarne bien le thème de ce salon (L’étranger dans la langue), puisqu’il était français d’origine russe et s’exprimait ainsi dans une langue qui n’était pas sa langue maternelle». Cet onzième édition du SILT a, en outre, était marquée par la réouverture du petit théâtre de Beckett et du Palais des institutions italiennes.

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *