«Le soufisme, une richesse à valoriser»

«Le soufisme, une richesse à valoriser»

Aujourd’hui Le Maroc : Pourquoi un festival de soufisme aujourd’hui ?
Faouzi Skalli : Le soufisme est une éducation spirituelle qui se réalise  au cœur de la tradition islamique, c’est la recherche d’une élévation du comportement de la sagesse de vie. C’est aussi une quête vers la connaissance de soi qui peut avoir lieu grâce à un cheminement spirituel profond. Le soufisme, c’est une action qui donne lieu à toute une culture. La poésie soufie, par exemple, est dans toutes les langues de l’arabe au bambara (langue nationale malienne). Le chant soufi est très diversifié et va de l’Afrique subsaharienne à l’Asie et même dans les Balkans. C’est ainsi que plusieurs ouvrages du soufisme ont été traduits dans  plusieurs langues, comme par exemple la «Matnaoui» de Jalal Eddine Roumi ou bien les oeuvres d’Ibn Roumi dans la poésie et la métaphysique soufie qui a longtemps séjourné à Fès. Le soufisme est ainsi un vecteur de recherche de richesses propres à la civilisation islamique. Toute cette richesse ancestrale doit être mise en valeur.

L’aspect social du soufisme est-il présent dans ce festival ?
Evidemment, le soufisme revêt des aspects culturels, spirituels mais aussi sociaux. Le soufisme a été longtemps associé aux corporations des métiers, à l’action sociale, à l’éducation sociale et c’est cet aspect qui justifie l’intitulé de notre festival «Soufisme et développement humain».

Pouvez-vous nous parler de votre départ du festival  de Fès des musiques sacrées dont vous étiez durant longtemps le directeur général et surtout le fondateur ?
Le festival des musiques sacrées de Fès  a douze ans. Il est connu dans le monde entier et il est bien structuré. Il serait intéressant aussi d’entamer d’autres projets  Il faut dire que le festival de la culture soufie est un nouveau chantier qui a été ouvert mais avec un autre concept. Ce festival ne se base pas sur la musique seulement, tous les volets  y sont impliqués. Il s’inscrit dans le cadre d’une continuité logique qui ouvre la voie au dialogue entre les cultures et les religions. Chacun des deux projets a sa propre démarche et sa propre façon d’arriver au but escompté. La seule différence, c’est que chacun des deux événements a son propre champ d’action. Le festival de la culture soufie vise l’exploration du soufisme dans toutes ses dimensions.

Comment se situe ce festival par rapport à celui des musiques sacrées ?
Je crois que nous  sommes dans un autre contexte. Je dirai tout simplement que la culture grandit et s’enrichit par le partage et par le don. Le festival c’est moi qui l’ai créé, alors pourquoi ce projet ferait-il de l’ombre au premier ? J’estime que les acteurs culturels ont  toujours besoin de créativité et d’imagination. C’est une nouvelle approche et une occasion de laisser jaillir d’autres initiatives. La démarche ne se situe  nullement dans un esprit clanique ou tribal. L’idée de créer ce festival est une émulation qui tire vers le haut. Je milite pour la formation des jeunes dans les métiers de l’ingénierie culturelle. Vous avez remarqué que plusieurs responsables du festival des musiques sacrées sont des jeunes, et ceux là sont un acquis de taille. Pour moi, cet aspect trans-générationnel est très important. Je voudrais faire remarquer une toute petite chose : si ce projet, c’est-à-dire celui des musiques sacrées, ne réussit pas, ce serait un cuisant échec personnel.

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