Meknès : L’artisanat, un secteur clef de la région

La diversité et la disponibilité des matières premières, conjuguées à l’essor économique et urbanistique, à travers l’histoire, de la cité ismaïlienne et de la région en général, ont favorisé le développement de plusieurs corps de métiers tels que les tisserands traditionnels, les babouchiers, les ferronniers, les métiers d’artisanat liés à l’agriculture traditionnelle, la poterie, l’artisanat du cuivre, le travail du bois et la tapisserie qui représente aujourd’hui un fleuron de l’artisanat local. Selon des données recueillies par la MAP auprès des acteurs économiques de ce secteur, le nombre d’artisans dans la région est estimé à 50.543 personnes.
La répartition par secteur montre que 35% des artisans exercent dans le secteur textile, 23% sont occupés dans les services et 13% dans le travail du bois. Du point de vue de la répartition géographique, la préfecture de Meknès abrite, à elle seule, presque la moitié (48%) des artisans de la région. Cette concentration découle de la présence de la Médina, véritable foyer où se localisent les corps de métiers traditionnels artistiques et utilitaires. La province de Khénifra occupe le deuxième rang avec 29% des effectifs.
Principalement localisée à Meknès, la sous branche des tapis fournit plus de 14.000 m2 de tapis estampillés, mais cela reste loin des potentialités considérables que recèle la région en ce domaine.
Le travail des métaux est massivement présent dans la préfecture de Meknès qui concentre 51% des effectifs de cette activité au niveau régional. Elle est suivie par la province d’Errachidia qui abrite 23% des artisans de la région travaillant les métaux.
Les potentialités énormes de la région restent, néanmoins, sous exploitées, ce qui atténue les performances de ce secteur qui demeure pourtant un secteur clé de l’économie de la région et marque, par sa présence manifeste, le tissu socio-économique des différentes localités de Meknès-Tafilalet. L’artisanat reste très difficile à cerner en raison de son éclatement en une multitude de producteurs et du caractère souvent informel de cette activité. Dans l’ensemble, le secteur est sous-organisé, les artisans exerçant souvent en dehors du cadre formel avec des rémunérations minimales.
La commercialisation des produits se fait en grande partie par des intermédiaires et des bazaristes dont les ventes sont étroitement liées au mouvement des touristes. Le déclin progressif de certains métiers qui se déployaient jadis dans des quartiers spécifiques, l’inexistence d’une couverture sociale pour les artisans, le retard de la mise en place de certains projets ambitieux comme celui du village R’mika, sont autant d’entraves qui se répercutent négativement sur le développement du secteur. Conscient de cette situation, et afin de relancer un secteur employeur (plus de 20% de la population active nationale) et pourvoyeur de devises, le gouvernement a mis en place la Vision 2015 qui prévoit de nombreuses mesures incitatives pour stimuler la constitution de coopératives et l’octroi de crédits. Des actions sous forme de projets de développement ont également été prévues dans ce cadre, dont la création d’une école des métiers de l’artisanat à Meknès et d’autres centres de perfectionnement, en plus de la programmation de zones d’activités à l’instar de l’ambitieux complexe de R’mika à Meknès.

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