Mohamed El Bachraoui : «L’handicapé est une personne capable de créer et de produire»

Mohamed El Bachraoui : «L’handicapé est une personne capable de créer et de produire»

ALM : Comment votre association a-t-elle été créée et quels sont ses objectifs ?
Mohamed El Bachraoui : Notre association a vu le jour en décembre 1999. Elle vise d’abord la création de projets au profit de personnes handicapées. Une personne handicapée n’est pas un consommateur mais il est créateur et producteur. Notre association dispose d’un local modeste qui se compose d’ateliers ayant pour but la qualification des handicapés. Il y a également un atelier de couture. On donne aussi des leçons en arabe, en français et parfois en anglais pour lutter contre l’analphabétisme des personnes handicapées. L’association compte aussi un atelier d’informatique. Pour les aveugles et handicapés visuels, un logiciel parlant  leur permettent de comprendre le message informatique. Il y a l’atelier de lecture libre. Quelques volontaires nous aident par la lecture de romans, ce qui permet aux personnes handicapées d’écouter et d’apprendre. Nous avons établi des partenariats avec des médecins privés. Concernant l’intégration des personnes handicapées dans le domaine de la vie active, nous n’avons pas réalisé grand-chose. Deux personnes seulement ont été embauchées depuis la création de l’association. Nous avons  plus de 20 handicapés diplômés au chômage. Nous avons créé un club sportif pour les membres de l’association où on peut pratiquer des sports propres aux handicapés. Nous avons déjà participé aux championnats nationaux. Des volontaires et le Conseil municipal nous aident beaucoup sans compter les cotisations de quelques membres de l’association. Pour encourager l’initiative de la création, l’association a déjà organisé des rencontres avec des personnes très connues sur le plan national dans le but de transformer cet handicap en une force créatrice chez la personne handicapée.

Quels sont les problèmes qui entravent le développement de l’association ?
Pour nous, le véritable problème se pose sur le plan matériel. On se sent en quelque sorte marginalisé. Rares sont ceux qui nous donnent de l’importance pour la simple raison que nous sommes des handicapés. A Beni Mellal, nous sommes dépourvus de toute sorte d’intégration dans divers domaines comme celui du travail, de la connaissance… Nous sommes confrontés  non seulement à  des problèmes matériels  mais aussi humains. Nous  avons plusieurs projets dans le cadre de l’INDH. Malheureusement, personne n’a jamais donné suite à nos propositions. Les programmes relatifs aux personnes handicapées sont inexistants. Il n’y a aucune initiative  encourageante.Franchement, nous moisissons dans le ghetto des oubliettes.

Quels sont vos projets à venir ?
Nous avons plusieurs projets relatifs au domaine de l’informatique et qui concernent l’acquisition d’appareils pour permettre aux handicapés de se déplacer facilement. Un autre projet très important, c’est celui de la lutte contre l’abandon scolaire. Nos élèves quittent l’école par faute d’encouragements et de communication de la part des professeurs et de la société. Nous  envisageons d’ encourager la peinture et toute activité permettant à l’handicapé de créer, d’innover et d’aller de l’avant. D’ailleurs, plusieurs professeurs sont prêts à donner des cours bénévolement aux handicapés, ce qui leur permettra d’acquérir des connaissances afin d’élargir leurs horizons. Sur le plan social, l’association opte pour des partenariats avec d’autres associations et des volontaires pour permettre aux personnes  handicapés d’acquérir des appareils qui les aideront à se déplacer,  à lire  et  à écrire… L’association donnera naissance à une bibliothèque parlante car nous avons actuellement  plus de 100 romans sur CD.

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