Najat Anwar : «Non à nos enfants dans la rue, est un projet de tous»


ALM : Comment est née l’idée de mettre en place une plate-forme pour la protection de l’enfant à Agadir ?
Najat Anwar : Après le rapport présenté par l’Association le 19 mai, nous avons pensé à mettre en place un réseau permettant un travail en collaboration avec les intervenants dans le cadre de la protection de l’enfant. Notre objectif aujourd’hui est de mettre en place une plate-forme regroupant les différents acteurs sociaux dans le cadre d’un réseau qui travaillera sur la protection de l’enfant dans tous les cadres. Aujourd’hui, on parle de l’enfant violenté, abusé, exploité ou en danger. L’absence de structure d’accueil au niveau de la ville et l’apport d’un tel réseau nous a alors poussé à faire un vrai travail de recherche et établir une liste des différentes ONG qui font un énorme travail sur le terrain. Et c’est ainsi que nous avons pris l’initiative de convoquer ces intervenants, de leur expliquer notre vision et solliciter leur engagement. Cette première rencontre constitue la pierre angulaire de notre réseau, plusieurs ONG se sont jointes à nous et la discussion était très fructueuse. Cependant, le travail et la division des tâches ainsi que la feuille de route et le plan d’action ne seront mis en place qu’au cours des prochaines réunions.

Quel bilan faites-vous pour cette première réunion? Et comment envisagez-vous le travail dans le cadre de ce réseau ?
Nous avons sollicité le soutien et l’engagement des ONG et des départements étatiques. Aujourd’hui, nous avons le soutien de la wilaya d’Agadir ainsi que de la commune urbaine d’Agadir. Au cours de cette réunion, notre association a été nommée coordinateur du projet et le comité est composé de plusieurs institutions dont on note l’Observatoire régional de l’enfant en situation de rue, la délégation de la santé, la délégation de la jeunesse et sport, la délégation de l’éducation ainsi que le Club régional de la presse. Le choix des intervenants fait, nous allons mettre en place des partenariats, des accords d’engagements pour concrétiser un travail où chacun respectera ses engagements et ses tâches. Dans le même cadre, nous allons mettre en place des plans d’action trimestriels pour une durée d’une année tout en assurant un suivi des actions mises en place. Sachant qu’un rapport d’activité trimestriel sera élaboré et partagé avec tous les membres de la plate forme.Un rapport annuel sera mis en place pour permettre d’évaluer le projet et assurer sa pérennisation.

Quels sont vos futurs projets dans ce cadre ?
En impliquant l’Etat, les structures administratives et les ONG, nous voulons aujourd’hui mettre en place une plate-forme qui aura pour mission d’informer et de sensibiliser sur les droits de l’enfant. Cette plate-forme va mettre en place des espaces d’accueil, d’écoute et d’orientation des enfants en situation difficile. L’une des missions de ce réseau serait également d’assurer le placement de ces enfants victimes ou en situation difficile dans des institutions adéquates et de les accompagner. Notre implication sera également dans le cadre législatif pour travailler avec nos partenaires pour s’inspirer des pays qui nous ont devancé dans le cadre des droits de l’enfant. Nous envisageons également d’améliorer les capacités des ressources humaines travaillant dans le cadre de ce réseau pour une meilleure performance en matière d’approche, de protection et de méthodes de travail.

Avez-vous aujourd’hui les fonds nécessaires pour ce projet ?
Nous travaillons étape par étape. Aujourd’hui, notre première mission est de mettre ce réseau en place et en marche, établir sa feuille de route et son plan d’action. La recherche des fonds est une étape qui se fera prochainement. « Non à nos enfants dans la rue ! » est un projet de tous et doit interpeller tous les intervenants passant par l’Etat, la commune, la wilaya, la gendarmerie, la justice… La société civile ne peut qu’apporter son soutien mais l’engagement doit être total de la part des uns et des autres. On est conscients de la gravité de la situation et seul notre travail en collaboration peut aujourd’hui faire la différence et assurer la continuité de notre engagement.

Et après le réseau d’Agadir, qu’en est il des autres villes ?
La plate-forme au niveau d’Agadir servira de référence et de modèle. Une fois établie, nous estimons que le mode de mise en place sera beaucoup plus facile et nous envisagerons certainement de faire de même dans les autres villes du Royaume. Nous espérons que la réussite de ce projet au niveau d’Agadir sera une première étape pour un grand projet qui couvrira plusieurs villes marocaines.

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