Oujda : 3ème Festival de la musique gharnatie pour enfants

Initiée par l’association Espace d’enfants  et en collaboration avec l’Institut français de l’Oriental, les planches du cinéma «Le paris» d’Oujda ont accueilli, samedi dernier, la troisième édition du festival d’enfants pour la musique gharnatie. Une festivité artistique animée par cent soixante fillettes et garçons, sociétaires de sept associations : El Ismaïlia, El Mousilia, Nassim El Andalous, Balabil El Andalous, Ahbabe Cheikh Salah et Essalame. Un festival qui se veut un lieu d’éveil musical pour les uns, espace de rencontre pour d’autres, mais surtout opportunité pour dévoiler au grand public ce qu’apprennent les enfants dans les différentes associations de la musique gharnatie.
Ainsi plusieurs mélodies du répertoire gharnati furent merveilleusement accomplies par des jeunes talents qui se sont concurrencés dans un registre d’excellence. Certes, ce ne sont pas des virtuosités mais des exécutions qui réchauffent le cœur et qui donnent envie d’être écoutées en live, remarque Hassan Salhi, musicien d’un orchestre local. Le plus important est de voir comment ces musiciens en herbe interprètent une musique dite de salon. C’est aussi une opportunité pour mesurer l’intérêt que réservent les jeunes à la musique des aïeux, rapporte de son côté Ahmed Thanthaoui, professeur de musique. Ce sont surtout des rencontres pour améliorer le niveau par le biais des approches comparatives. La concurrence est au service de l’apprentissage et non une fin en soi. D’ailleurs il n’y a pas de prix de classement mais des encouragements attribués en partage à l’ensemble des associations. Le festival de la musique gharnatie pour enfants se confirme au fil des années. Alors qu’il n’ y avait que quatre associations lors de la première édition en 2006, le nombre est passé à sept au cours de cette édition. Ce qui explique l’intérêt accordé pour ce type d’activité et l’impact que cela a eu sur l’ensemble des mélomanes. Il suffit d’assurer une continuité des éditions pour que toutes les expressions musicales qui ont fait la fierté et la spécificité de notre pays soient perpétuées, notent certains parents.
On ne peut prétendre à une pérennisation d’un courant artistique sans la multiplication de ce type de concours. C’est aussi une façon de protéger ces petits contre toutes les formes d’aliénation musicales, renchérit Faouzi Mehdi, président de l’association Essalam pour la musique gharnatie.  De son côté, l’enfant Raghda Qsiyer, sociétaire d’une troupe de gharnati,  rapporte à ALM qu’elle participe à ce festival par amour de cette musique et pour gagner en expérience. Cela nous aidera à affronter le public, surmonter le trac et contrôler nos coeurs qui battent la chamade au moment des passages, souligne-t-elle.
Pour assurer un spectacle pour enfants, il fallait impliquer les formateurs pour proposer des morceaux variés, explique Abdellah Hadi, présentateur et animateur de cette soirée. Le choix des morceaux a été laissé au seul soin des professeurs tout en veillant à ce que les neuf noubates du répertoire andalous soient interprétées.
C’est un travail qui nécessite un effort de la part de ces enfants qui ne sont pas habitués à exécuter leurs morceaux en public. Et c’est à leurs professeurs de veiller au peigne fin pour que l’exécution respecte les règles rudimentaires des partitions tout en préparant leurs sociétaires à des passages en solo. La démarche pédagogique vise à recouper des expériences pédagogiques dans un but de partage et de consolidation des acquis.

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