Oujda : des lettres anonymes empestent le climat de l’année universitaire

Oujda : des lettres anonymes empestent le climat de l’année universitaire

Le phénomène des lettres anonymes est en train de prendre des proportions démesurées au niveau de l’Université Mohammed I d’Oujda, à tel point que certains universitaires n’hésitent pas à attiser des rumeurs qui peuvent compromettre la qualité de la recherche. C’est ce qu’a expliqué à ALM Mostafa Jelti, secrétaire général de l’Ecole nationale des sciences appliquées (ENSA), suite à la publication sur le net et par envois multiples d’e-mails contenant des propos injurieux à l’égard de plusieurs enseignants ou cadres administratifs au niveau des facultés de droit, l’ENSA et la présidence de l’Université. Et d’ajouter : «Certains préfèrent régler leurs comptes par envois interposés alors que l’Université est l’endroit idéal pour l’adversité intellectuelle qui favorise la créativité scientifique, la capitalisation des savoirs et savoir-faire». Cette atmosphère électrique, à la veille des examens de fin d’année, a poussé la section locale du Syndicat national de l’enseignement supérieur à organiser, lundi 24 mai, un sit-in de solidarité avec les personnes visées mais surtout pour attirer l’attention sur la gravité d’une déviation qui risque de porter préjudice à l’image de marque de l’université, a expliqué Mohammed Rehmouni, secrétaire général local du Syndicat national de l’enseignement supérieur (section Ecole nationale des sciences appliquées). Et de déclarer : «Nous dénonçons avec rigueur ces nouvelles pratiques qui n’ont rien à voir avec le rôle que doit jouer l’Ecole des ingénieurs qui est un haut lieu de savoir. Il est inadmissible que le fleuron de la recherche scientifique se transforme en fief de guerre des tranchées». Pour cela, il a plaidé pour la tenue d’une assemblée du conseil d’administration pour débattre du phénomène comme il a réitéré la demande d’inscrire ce point à l’ordre du jour du conseil universitaire lors de sa prochaine session. De son côté, Khalid Jaâfar, enseignant à la Faculté des lettres, a déclaré à ALM que l’UMP vit, depuis un bout de temps, au rythme d’un phénomène étrange aux coutumes universitaires en matière de lettres anonymes à contenu outrageant et jonchées d’invectives qui ne sont pas basées. «C’est une atteinte à des personnes qu’on connaît pour leur droiture et leur sérieux professionnel. On est indigné par cette façon de faire, d’autant plus que cela porte atteinte à tout une élite qui a d’autres chats à fouetter au lieu de s’abaisser à des pratiques consommées», a-t-il martelé. De son côté, Sanae Melhaoui, enseignante à l’ENSA, a indiqué : «Tout cela est malsain surtout quand il s’agit d’attaquer des cadres féminins dans ce qu’elles ont de fierté personnelle. A un moment où la femme acquiert des responsabilités par sa compétence, elle est attaquée dans sa vie de femme, de mère ou de sœur et c’est injuste. Il est temps de dénoncer vigoureusement ces pratiques même s’il faut recourir à la justice pour neutraliser les corbeaux des lettres anonymes». Quant aux étudiants, ils pensent que cette atmosphère d’animosité sur fond d’intérêts et de promotions personnelles risque d’influer sur le déroulement normal des examens.

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