Oujda : La concertation dans le développement local

Oujda : La concertation dans le développement local

Dans le cadre du Programme concerté Maroc, cinquante-six associations représentant les provinces de Figuig, Jerrada, Taourirt, Berkane, Nador et Oujda, ainsi que trois collectivités locales, trois syndicats et la délégation de l’Entraide nationale d’Oujda ont participé à un séminaire de formation axé sur la concertation multi acteurs et son impact sur le développement local. Il s’agit d’une action initiée par le Réseau associatif pour le développement de l’Oriental (RADO) qui vise à impliquer les jeunes dans les approches territoriales de développement.S’exprimant lors de la séance plénière, qui a lieu la semaine dernière, Hachmi Bentahar, président du RADO, a expliqué qu’une telle rencontre a pour but de tracer la voie de la concertation alliant les différents acteurs au niveau du territoire, à savoir les collectivités locales, les associations, les services extérieurs de l’Etat, les agences de développement et le secteur privé. Ces acteurs sont appelés à agir en faveur des jeunes et de les soutenir pour qu’ils puissent se prendre en charge professionnellement.
L’idée est de proposer des pistes rentables pour bénéficier des 5.289.364 euros débloqués par le Programme Concerté Maroc pour la période 2006-2010. De son côté, Mohammed Acherkouke de l’Institut national de recherche et d’agronomie (INRA) d’Oujda a souligné que la concertation représente la pierre angulaire d’une implication collective. Il a expliqué comment une approche concertée et participative peut résoudre un ensemble de problèmes rencontrés sur le terrain.
Il a aussi corroboré ce volet théorique par deux cas pratiques se rapportant aux localités de l’Oriental, à savoir Ouled Slimane et Sekkouma-Irzaine.  Ces approches participatives ne sont pas le résultat de revendications et de pressions localement exprimées. Elles sont plutôt une exigence des bailleurs de fonds dans le but de restituer à la population un pouvoir d’initiative et de décision dans la définition, la planification et la mise en œuvre des actions et programmes qui concernent leurs propres avenirs. Chaque bénéficiaire doit avoir une culture qui lui permet de s’impliquer dans la gestion des ressources de son territoire. Les bailleurs de fonds considèrent les populations comme des acteurs et partenaires de développement et non comme les cibles d’un projet élaboré sans leur implication. Le programme d’action s’appuie sur une connaissance approfondie du milieu permettant un diagnostic concerté.  Des projets qui prennent en compte les aspirations, les objectifs et les contraintes des différentes parties. Une intervention n’est donc participative que si elle résulte de compromis explicites et négociés entre les intérêts des différents acteurs. Les débats ont permis d’évaluer le degré d’implication des associations de jeunes dans le processus de concertation. Sans réelle écoute des jeunes-cibles, plusieurs projets n’ont pas abouti car au lieu de répondre aux attentes, les donateurs ont «parachuté» des solutions. Il s’est avéré ainsi que les subventions ou crédits n’étaient pas investis comme prévu. Les formes de participation ne se limitent pas à donner des conseils, mais avant tout à mettre en place des techniques et procédures de contrôle et de suivi. Il en va de la pérennisation du projet selon le représentant de l’Association Echouala de Zaio. Il s’agit, en somme, de délimiter un cadre fédérateur qui permet de valoriser les potentialités pour répondre aux enjeux du territoire suivant une vision prospective partagée.

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