Oujda : Le consommateur à l’épreuve de la réalité et de la loi

L’association de protection du consommateur d’Oujda en collaboration avec la confédération des associations des consommateurs de l’Oriental a organisé, mercredi 12 mars, à l’occasion de la Journée mondiale des droits des consommateurs célébrée le 15 mars de chaque année, une manifestation régionale de sensibilisation sous le thème «Le consommateur entre la réalité du marché et les lois organisationnelles». Les cinq animateurs ainsi que les intervenants ont mis l’accent sur la discordance entre l’arsenal juridique mis en place et la réalité du marché qui pèse sur le citoyen. Certes, le Maroc dispose de plus de 360 textes législatifs et d’une dizaine de services concernés par la protection du consommateur mais tarde à mettre en place un cadre juridique global en mesure de légiférer les rapports entre consommateurs et prestataires. Les textes sont faits pour accompagner les changements socio-économiques et non pour qu’ils soient gardés dans les tiroirs du secrétariat d’Etat, explique le dépliant distribué à cette occasion.
Depuis l’application totale de la loi 06/99, relative à la liberté des prix et de la concurrence, le citoyen ne sait à quel saint s’adresser. Le volet liberté des prix est bien appliqué alors que celui de la concurrence laisse à désirer. Cela a facilité les augmentations continuelles, a renchérit, Bouallam Oussaid de l’association du consommateur de Taourirte.
La réalité des prix demeure plus forte que les lois, d’où la nécessité de multiplier les efforts et de rester vigilant, tout en rénovant à chaque fois que les équilibres de l’offre et de la demande sont affectées par des crises internationales. Or, les lois en place datent dans leurs grandes majorités du protectorat ou des années 1958 et 59 et ne sont pas mis à jour, a rapporté Mohammed Benkaddour, président de l’association du consommateur d’Oujda.
L’importance de la mise en place de nouvelles procédures vise à prémunir le produit national qui risque de se fragiliser dans le cadre de la globalisation. C’est ce que préconise la loi 27/00 qui réserve un rôle important aux associations des droits du consommateur dans la protection , la défense , la sensibilisation et aussi d’ester en justice les cas qui méritent d’être soumis à la justice. Le consommateur ne fait que signer des contrats s’il veut avoir une assurance ou bénéficier d’un crédit entre autres. Il se trouve dans l’obligation d’accepter ce qui lui est imposé par le prestataire des services, ont souligné certains intervenants. Or, une loi dans ce domaine ne peut être persuasive que si elle prévoit des clauses précises et applicables pour défendre les intérêts du consommateur et du prestataire de services. Le plus important est de canaliser l’ensemble de l’arsenal juridique pour mettre un terme au désordre qui règne et au chevauchement des responsabilités entre les services. C’est par soucis d’efficacité que la Confédération de l’association des consommateurs au niveau de l’Oriental propose le recours à une régie autonome pour rationaliser le potentiel humain et matériel et opérationnaliser les actions à entreprendre en cas de litige. En parallèle avec cet effort juridique la sensibilisation reste de mire notamment dans les quartiers périphériques. Il ne suffit pas de dire que tel produit est cher ou pas mais d’expliquer le pourquoi du respect des normes de qualité et de prix. C’est le rôle que peut assumer les guichets conseils. Ce n’est pas le cas pour le moment car dans tout le Maroc il n’y a que quatre guichets conseils dont celui d’Oujda.

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