Oujda : Les ONG et l’édification du Maghreb

Oujda : Les ONG et l’édification du Maghreb

Algériens, Tunisiens, Marocains et Européens affiliés à l’Union des jeunes euro-maghrébins (UJEM) se sont penchés à Oujda durant le week-end dernier sur les pratiques à consolider pour concrétiser l’édification maghrébine. Ainsi, politiciens, syndicalistes, entrepreneurs et associations non gouvernementales ont mis en exergue l’importance des paramètres économiques et démocratie locale pour débloquer la méfiance politique qui prévaut. Une action pour le dialogue qui s’inscrit dans le cadre de la campagne régionale «Mille et une actions pour le dialogue», initiée par la Fondation euro-méditerranéenne Anna Lindh pour le dialogue entre les cultures et l’amélioration de la coexistence et le dialogue interculturel. Des débats pour voir comment le processus de Barcelone et l’Union pour la Méditerranée peuvent se répercuter positivement sur la construction du Grand Maghreb.
Il ressort des débats que si l’unité européenne a été le fruit de la clairvoyance d’une poignée de personnes, la marche vers l’unité a été consolidée et renforcée par l’exercice démocratique à l’échelle de chaque pays. C’est sur quoi se sont convenus les participants comme alternative à l’attentisme et à la méfiance qui handicapent les décideurs. Le déficit démocratique dont souffrent les pays du Maghreb à des degrés différents est la principale cause de ce blocage. Ce déficit empêche l’expression de la volonté populaire à travers la société civile et sa participation au décloisonnement des peuples du Maghreb et à l’ouverture des frontières, a rapporté Samad Filali, président de l’UJEM. Et d’ajouter que son organisme vient d’interpeller l’UMA, pour accepter, avec un statut de caractère consultatif, les organisations non gouvernementales représentatives au sein de son hémicycle et de s’ouvrir, de la même manière, sur une consultation organisée et régulière d’un conseil des mouvements de jeunes issus des cinq pays.
En l’absence d’une réelle implication politique, il faut encourager la liberté de la circulation des produits, des capitaux et des hommes : c’est une intégration par le vécu et le quotidien. Pour cela il faut instaurer des lois communes avec la volonté de soutenir les entreprises du secteur formel au lieu de se lamenter sur les percées de l’informel qui porte préjudice aux économies maghrébines, a expliqué à ALM Yahya Tayalati, secrétaire de la section du Maroc oriental de l’UJEM.
Intervenant lors de la deuxième journée le professeur Saad Belghazi a expliqué qu’au delà des encouragements des puissances il faut que les Etats se reconnaissent comme Etats solides avec des structures stables. Eviter de se nuire au niveau de leurs fondamentaux à l’instar de l’intégrité territoriale du Maroc.
Le Maroc a apporté une réponse politique qui consiste à consolider l’autonomie régionale. Proposer l’alternative des démocraties régionales basées sur les droits de l’Homme, la liberté de l’entreprise et la sécurité sociale du citoyen. Le Maroc propose un exemple pour le Maghreb. En construisant la démocratie locale et le développement régional par la mise en place de régions structurées capables de donner un sens aux stratégies nationales de développement. C’est ce qu’a cadré le communiqué final en mettant en exergue l’importance de consolider les liens d’amitié et de coopération entre les jeunes d’Europe et du Maghreb et de défendre un partenariat euro-maghrébin favorisant les enrichissements mutuels et refusant la spirale des dépendances. Il a par ailleurs insisté sur la consolidation de la démocratie locale pour permettre aux jeunes et autres acteurs de la société civile de fédérer dans des organisations communes à l’instar de celles des médecins, avocats, intellectuels entre autres.

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