Oujda : Une marche contre le tabagisme

Sensibiliser la population aux méfaits de la cigarette est une action louable à plus d’un titre, mais lorsque les élèves des établissements scolaires traversent les grands boulevards de la ville pour scander des slogans anti- tabac, alors qu’ils sont en période d’examens, la portée du message est sans équivoque. Mercredi dernier, ils étaient plus d’un millier à répondre à l’appel de l’association «Touche de guérison contre le cancer dans l’Oriental» qui a organisé cette marche en collaboration avec la délégation régionale du ministère de la Santé. Le but est de sensibiliser les fumeurs aux risques que représente La toxicomanie tabagique sur leur devenir ainsi que sur celui des jeunes. Il fallait aussi mettre à nu quelques pratiques qui nuisent aux établissements scolaires. Des vendeurs étalent en effet leurs paquets de cigarettes juste à côté des portails des établissements scolaires.
«La cigarette tue plus de 70 000 personnes par an. Les maladies qu’elle engendre sont en nette progression. Elle provoque le cancer du poumon, la bronchite et l’emphysème, des accidents cardiaques, l’hémorragie ou l’infarctus cérébral ou l’artérite des membres inférieurs», a expliqué Sabah Taibi Chami, présidente de l’association «Touche de guérison» lors de son intervention à l’occasion.
Toutefois, le tabagisme passif nous menace partout. Écoles, moyens de transport, lieux publics et administrations sont devenus des espaces à graves effets sur la santé des enfants, des femmes enceintes et des vieillards. «Chez les enfants, le risque de cancer du poumon a augmenté de 27 % et celui d’infarctus du myocarde de 23,8 %. A quand une loi applicable pour protéger les lieux publics contre des fumeurs insouciants ?» note Mme Taibi Chami. Cette marche avait pour devise «Pour une génération future sans tabac» car tous les collégiens et lycéens restent les plus exposés aux risques de la cigarette. Le comportement de cette tranche d’âge, qui est souvent manipulée, devrait en effet pousser la société à plus de vigilance.
Anasse Mouaouine, collégien, a ainsi dévoilé que plusieurs élèves fument : «Ils le font même en classe mais en cachette. Plusieurs autres élèves les imitent en croyant que le fait de fumer les rend grands et leur procure un pouvoir sur leurs camarades de classe». Le danger c’est que ces fumeurs occasionnels risquent de devenir réguliers.
Les universitaires représentent également une tranche vulnérable puisque le nombre d’étudiants fumeurs est en nette croissance. Un marchand ambulant de cigarettes, dans l’enceinte universitaire Mohamed Premier d’Oujda, ne dissimule ni sa marchandise ni le fait qu’il vend plus de cent paquets par jour. C’est ce qui irrite d’autres étudiants qui pensent qu’il faut protéger les facultés et les lycées de ce type de commerce florissant mais menaçant la santé de toute une génération. «Nous espérons que cette manifestation contribue à la mise en éveil des jeunes pour qu’ils s’impliquent d’avantage dans ce type d’actions», a renchéri Amina Ouadfel, étudiante à l’INSA. Elle a par ailleurs soulevé un problème de taille en précisant que la cigarette risque d’encourager les étudiants à s’adonner à d’autres types de tabacs, notamment la chicha, le cannabis et les joints.

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