Oujda : Une nouvelle approche du développement agricole

Oujda : Une nouvelle approche du développement agricole

On ne peut élaborer une stratégie de développement agricole sans que l’ensemble des intervenants n’adopte une approche commune de croissance pour améliorer la productivité et assurer la compétitivité convoitée. C’est ce qui ressort des sept heures de débat initié par le Centre régional de la recherche agronomique lors de la journée de réflexion sur la stratégie de développement agricole, tenue mercredi dernier, au siège de la wilaya d’Oujda.
L’organisation de cette journée vise à jeter les jalons qui assureront une véritable stratégie de développement agricole de l’Oriental. Une région riche par la diversité de son potentiel agricole, la pluralité de ses espaces naturels et la richesse de son patrimoine biologique, mais qui n’arrive pas à les transformer en réelles opportunités de croissance agricole et potentialités de développement humain. Les études réalisées par les différents services préconisent de conforter cette diversité naturelle par des choix stratégiques appropriés et stimulants. La rareté des ressources en eau influe sur les opportunités de développement agricole, d’où l’importance des études réalisées par le Centre régional de recherche agronomique (CRRA) d’Oujda pour répondre aux enjeux majeurs auxquels sont confrontés les agriculteurs.
Intervenant à cette occasion, Mohammed Brahimi, wali de l’Oriental et gouverneur de la préfecture d’Oujda-Angad, a noté que deux limites handicapent la mise en place d’une approche unifiée entre les différents intervenants dans le secteur agricole. Tout d’abord l’absence d’une vision stratégique de développement de l’agriculture qui définit les objectifs et cadre les forces et les faiblesses. Ensuite, la décision agricole est morcelée entre un ensemble de services : On ne peut construire une vision avec un acteur institutionnel diversifié et géré par  quatre DPA, deux Offices de mise en valeur, un institut agronomique et deux directions régionales des eaux et forêts. C’est plus des logiques de chao que des théories de l’ordre et de la valorisation, a-t-il expliqué. Un secteur qui regorge de compétences en ressources humaines mais qui n’arrive pas à mobiliser tous ses moyens pour délimiter les contours d’une réelle stratégie de développement.
Quant au professeur Mohamed Bedraoui, directeur général de l’Institut national de la recherche agronomique, il a insisté sur l’importance d’une stratégie agricole qui répond aux réelles attentes des habitants de la région. Face aux diverses mutations qui s’opèrent sur le plan international notre agriculture doit se positionner, changer de ses traditions et relever ses défis pour qu’elle puisse explorer de nouveaux horizons.
Les différents intervenants ont rappelé qu’il faut créer dans chaque biotope des stratégies de développement qui lui sont adéquats. Le périmètre irrigué offre des opportunités de développement mais avec une valeur qui n’est ni maîtrisée ni canalisée. De son côté le secteur bour qui regorge de ressources valorisantes ne maîtrise pas parfaitement l’élément eau, susceptible de transformer les potentiels existants en ajout de valeurs.
Pour mieux intégrer la recherche agronomique dans la politique du développement national et régional, l’INRA est organisé en dix centres régionaux, avec différentes unités de recherche de développement. Sa stratégie d’intervention est fondée sur deux principes. D’abord l’adoption d’une approche de proximité et de partenariat pour renforcer le développement local. Ensuite, la dotation de ces centres régionaux d’outils efficients de structuration et de gestion de la recherche. A travers ces deux axes l’INRA se met à la disposition de tous les intervenants dans le domaine agricole.

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