Pablo Picasso dans la ville du détroit

L’exposition, organisée en collaboration avec les ministères de la Culture du Maroc et d’Espagne et l’ambassade d’Espagne à Rabat, comprend une collection de céramiques et de gravures qui livrent un des aspects les moins connus de cet artiste hors pair du XXème siècle.
En effet, Pablo Picasso n’était pas uniquement un peintre et un sculpteur mais également un céramiste. Il compte à son actif une oeuvre majeure estimée à plus 3.500 pièces originales réalisées sur une période de plus de vingt ans (1947 à 1971).
C’est à partir de 1946 que Picasso s’intéresse à cette discipline et s’initie aux techniques de l’argile, de l’émail et de la cuisson. C’était à Vallauris, dans le Midi de la France, dans l’atelier Madoura de Suzanne et Georges Ramier.
S’attribuant lui, même, en 1948, «un diplôme d’ouvrier potier», Picasso assimile les différentes techniques avant de les réinventer à sa manière pour en révéler de nouvelles possibilités. Il passe, très vite, des formes traditionnelles à des modèles très personnalisés: les plats rectangulaires deviennent des têtes, les pichets des personnages, et les vases des corps de femmes.
Les décors reprennent des thèmes récurrents de son oeuvre : animaux, tauromachie, nature morte, portraits de femmes, héros mythologiques, personnages burlesques, ainsi que toutes sortes d’animaux fétiches : chèvres, oiseaux… dont ses célèbres et typiques colombes et chouettes.
L’exposition présentera un ensemble de quarante- deux pièces rendant compte de cette diversité à la fois dans les sujets abordés et dans les formes. Elle comptera également deux séries de gravures. Il s’agit de «Tauromachie et l’art du torero» et «Carmen» en plus de plusieurs ouvrages illustrés par Picasso.
Les pièces, qui seront montrées, proviennent de différentes collections, notamment les collections de Serra de Soller (Majorque), du Musée des arts de Ferrocarril de Soller, du Musée Es Baluard d’Art moderne et contemporain de Palma de Majorque, en plus de collections privées espagnoles.
Cette exposition vient marquer aussi un évènement tant attendu par le milieu culturel de la ville du détroit. Il s’agit de la réouverture des salles du Musée des arts contemporains de Tanger après d’importants travaux de réaménagement. Un espace rebaptisée  »Galerie d’art contemporain Mohamed Drissi » en hommage à ce grand nom de la peinture marocaine.
La galerie entamera sa nouvelle vie par une riche programmation annuelle avec des expositions nationales et internationales. Elle enrichira ainsi l’activité artistique à Tanger et participera à la promotion des arts plastiques dans ses diverses palettes et disciplines.

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