Provinces du Sud : L’ensablement, des menaces pour les infrastructures

Provinces du Sud : L’ensablement, des menaces pour les infrastructures

Les infrastructures de base au niveau de la région de Laâyoune-Boujdour-Sakia El Hamra se voient toujours menacées par le phénomène d’ensablement. C’est pourquoi la direction régionale de l’équipement et des transports de Laâyoune ne cesse de déployer des efforts pour lutter contre ce phénomène. A ce propos, le responsable de cette direction, Lahcen Maazizi, explique que des actions sont entreprises à cet effet. Ainsi, des actions curatives sont entamées depuis 1990 à travers un désensablement mécanique. «Ces efforts visent en amont l’expérimentation et l’instauration de systèmes préventifs, qui limiteraient dans le temps le déplacement et la migration des dunes. Alors qu’en aval, des actions curatives de traitement direct du phénomène se manifestent à travers un dégagement mécanique essentiellement réservé à des interventions ponctuelles», détaille-t-il. Bien qu’elles soient onéreuses, ces actions curatives, présentant des risques d’endommagement de la chaussée par les engins impliqués et par le risque d’insécurité pour les usagers de la route, permettent de dégager des volumes importants de sable et d’assurer la fluidité et la continuité du trafic sur les principaux axes routiers menacés de la région. La formation des sables obéit à un mécanisme «plus ou moins uniforme à l’échelle de tous les sites ensablés consultés de la région. En effet, les matériaux résultant de la dégradation des milieux marins sont véhiculés normalement vers la côte, où ils sont déposés après déferlement des vagues et annulation de leur énergie», explique le directeur régional de l’équipement et des transports de Laâyoune. Au niveau de cette région, la formation du sable est due à la dégradation (érosion) du milieu marin et au charriage par les courants, des particules sableuses en suspension vers les rivages. Ce processus permet d’engraisser les plages avec une régularité dans les quantités de sable mises en jeux, assurée par les mouvements marins. En outre, la morphologie des terrains formant les côtes situées dans cette région marquée par des altitudes faibles voire nulles et des rivages à même le niveau de l’océan, jumelée à des vents saisonniers forts et à direction généralement constante, conditionnent la formation des dépôts sableux. C’est l’exemple de la plage de Tarfaya, connue pour un taux très prononcé d’ensablement. A leur tour, les vents permanents assurent la fonction du séchage, assistée également par l’effet d’ensoleillement et celui du transport vers le continent. Ces dépôts sont continuellement alimentés de grains de sable et se déplacent selon deux modes de mouvements différents : mouvement par grains ou bien en masse. L’ensablement au niveau de cette région saharienne est également caractérisé par la rareté des massifs dunaires consolidés et se manifeste essentiellement sous forme de dunes en croissants ou dunes, atteignant parfois plusieurs dizaines de mètres de hauteur. Ce phénomène d’ensablement se présente sous différentes formes, à savoir : lits de sables, épis de sables, et dunes de sables et cordons dunaires. Dans la région, les procédés de lutte contre l’ensablement semblent étroitement conditionnés par plusieurs facteurs environnementaux, tels que la nature et la géométrie du terrain naturel, les conditions climatiques, la nature du relief, la faible densité du réseau hydrographique et la disponibilité de matériaux locaux pour la fixation des dunes. La fixation des dunes par des matériaux locaux semble le procédé le moins onéreux et le plus efficace, bien qu’il ne fait que retarder l’avancée du sable. Cependant, l’action curative par désensablement mécanique reste indispensable pour des traitements ponctuels visant éventuellement le dégagement des sables de la chaussée lors des périodes de déplacement maximales, ou à la suite du passage des tempêtes de sables. Selon M. Maazizi, l’ensemble des mécanismes de lutte contre l’ensablement, expérimentés au niveau de la région, représente le fruit de réflexions visant d’une part, la protection d’infrastructures de base et d’agglomérations et d’autre part, la prévention contre les risques de dégradation par un tel phénomène.

loading...
loading...

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *