Sensibilisation au tourisme de montagne

«L’implication des populations amazighes dans le tourisme de montagne au Maroc» est le thème d’un atelier de réflexion qui s’est tenu mardi 17 avril à Ifrane. Cette rencontre, organisée conjointement par le club Tamasmount et la Faculté des sciences humaines et sociales de l’université Al Akhawayn , a pour objectif de sensibiliser toutes les composantes de la société marocaine sur l’importance de l’implication des populations amazighes dans le tourisme de montagne. «Cet atelier est de nature à faire connaître l’identité culturelle de la communauté amazighe et de dégager les grandes lignes d’une stratégie visant à améliorer sa situation socioéconomique sans pour autant lui faire perdre cette identité», a indiqué Mohamed Dahbi, doyen de la «School of humanities and sciences Al Akhawayn», dans une déclaration à ALM. Pour sa part, Dr Michael Peyron, coordinateur du club «Tamsmount», a expliqué que le but poursuivi à travers l’organisation de cette journée de réflexion est de «dresser un bilan du tourisme de montagne au Maroc, de cerner les points de frictions et de définir des solutions ayant au cœur l’intérêt et le bien-être des populations amazighes». «Nous voulons instaurer un débat, sensibiliser les communautés académiques, commerciales et les populations des régions, où des sites géologiques, biologiques ou forestiers intéressants ont été repérés, à la nécessité de prendre soin de ces zones et de le préserver. Nous cherchons une concorde pour que les visiteurs (touristes) tirent un plaisir esthétique et même spirituel et que les visités qui sont les imazighen de l’Atlas voient leur confort amélioré», a-t-il ajouté.
Dr Peyron a rappelé que le Moyen-Atlas est un bijou unique, caractérisé par une extraordinaire biodiversité (espèces forestières variées, biodiversité faunique et floristique, zones humides d’intérêt mondial) et la riche culture amazighe. Cependant, a-t-il précisé, cette population amazighe demeure dans un état de pauvreté extrême qui se traduit par une pression excessive sur les ressources naturelles, la surexploitation de la biodiversité animale et végétale. Pour lui, «le tourisme de montagne est une alternative pour ces populations pour leur assurer un minimum de revenu nécessaire pour une vie décente. Mais cette solution ne pourrait prouver son efficacité que si la population adhère depuis le départ au lancement de telle initiative».
M Peyron a ajouté que la population apportera son soutien en conservant son identité et sa culture tout en reconnaissant le bienfait de la protection de l’environnement qui représente l’avenir des futures générations du Moyen-Atlas.
En ajoutant qu’une politique d’éducation et d’incitation à une prise de conscience sur l’importance des ressources naturelles locales et leur valorisation en vue d’un développement durable ne pourrait aboutir qu’avec la bonne volonté de tous les acteurs concernés : populations locales, représentants de la société civile, élus, institutions gouvernementales et universités. Un avis qui est partagé par les participants à cette rencontre qui ont considéré que «la responsabilité est partagée pour assurer un équilibre entre le développement durable et le bien-être des populations amazighes». Ils indiquent également que «tant que la logique marchande tiendra le haut du pavé, tant que les textes officiels sur le respect de l’environnement ne seront pas appliqués sur le terrain et que les efforts de sensibilisation écologique ne seront pas entrepris dès l’éducation primaire, le milieu naturel continuera à subir des atteintes qui pourraient s’avérer irréversibles à moyen terme». Ils ont souligné, dès lors, la nécessité de respecter trois points fondamentaux pour garantir un tourisme de montagne harmonieux, c’est-à-dire le respect de l’environnement, le respect du visiteur et le respect du visité. Cette journée de réflexion, qui a accueilli des chercheurs marocains et étrangers dans le domaine de la géographie humaine, de l’environnement atlasique, entre autres experts, a permis de passer en revue plusieurs sous-thèmes relatifs au sujet.

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