Tanger : Port de pêche : Le revers de la médaille

La pêche est toujours considérée comme l’une des activités les plus génératrices de revenu. Selon les dernières statistiques officielles, ce secteur permet l’emploi de 7246 personnes et la génération de plus de 212 millions de dirhams de recettes totales. La flotte de pêche locale compte 603 bateaux, qui ont permis la prise d’une quantité totale de 8 992 tonnes de poisson. Mais, selon les professionnels, «cette production risque de chuter avec la mise en application, en fin 2008, du plan d’interdiction de la pêche à l’aide des filets maillants dérivants qui entre dans le cadre de l’accord de pêche Maroc-Union européenne. Puisque 80% des recettes du secteur de la pêche à Tanger proviennent des prises d’espadon, qui fait vivre plus de 5000 familles», assure le président de l’Association des armateurs et de la pêche à Tanger, Youssef Benjelloun.
En attendant la mise en application du plan de la reconversion de l’ancien complexe portuaire de la ville de Tanger, «le secteur de la pêche continue de souffrir de plusieurs problèmes dont le manque d’infrastructures et un encombrement du port de Tanger. Puisque celui-ci n’a pas connu aucun renforcement ou une rénovation de son infrastructure. Alors que la flotte connaît une augmentation constante», poursuit M. Benjelloun.
D’une superficie de 5 ha, le port de pêche connaît «un afflux de navires en période de pêche de l’espadon et du thon. Il s’agit des flottes en provenance d’autres ports tels que Agadir, Safi, Casablanca et Larache qui se rendent vers le détroit pour pêcher ces espèces de poisson. Le port de pêche connaît également pareille affluence en temps d’intempéries, où les bateaux viennent s’y accoster pour éviter les fortes houles de 4 à 5 mètres», indique le directeur régional de l’Agence nationale des ports à Tanger, Ahmed Atmani.
Plusieurs intervenants, dont le conseil de la ville de Tanger, la wilaya de Tanger, l’Agence nationale des ports, le ministère de l’Equipement et du Transport et le ministère de la Pêche sont en train d’étudier le projet de reconversion de l’ancien port de Tanger «pour le transférer au-delà de la jetée principale».
Par ailleurs, le nouveau port de Tanger connaîtra un important trafic du transport international routier et des passagers. Quant à l’ancien port, il se limitera aux activités de tourisme, de plaisance et de la pêche. «Nous prenons en considération la flotte locale et la demande en terre pleine. Nous avons la possibilité d’aménager la superficie qu’on voudrait en vue de satisfaire les besoins de l’ensemble de la flotte locale et de prévoir d’aménager une autre surface pour la flotte qui traverse le détroit en période de la pêche de l’espadon et du thon», souligne M. Atmani. Vu l’importance du secteur de la pêche, il a été prévu la création d’un marché de gros de poisson à Tanger.
Parmi les objectifs de ce projet figure celui de décongestionner le port de pêche en réservant la halle à la seule vente du poisson débarqué. D’une superficie le 1,7 ha, qui nécessitera un coût de 29 millions DH, ce projet tarde de voir le jour. Il résulte d’une convention spécifique de partenariat entre l’Office national des pêches à Tanger, l’ONP et le conseil de la ville, adoptée par ce dernier lors de la session d’avril 2004. Ce marché de gros sera composé d’une salle de ventes, de chambres froides, d’ateliers de traitement du poisson, d’une zone logistique, de bureaux administratifs, de locaux sociaux et de parkings.

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