Un centre pour les victimes de la violence

Un centre pour les victimes de la violence

Constamment à l’écoute des cas qui lui sont soumis, le centre d’assistance aux femmes et enfants victimes de la violence à Agadir a été créé en 2005. Il accompagne et oriente les victimes tout en menant une campagne de sensibilisation et d’intégration de celles-ci.
Il déploie également des efforts pour la création d’un cadre adéquat où la femme peut bénéficier d’une formation qui lui permettra d’évoluer. «Nous avons créer des ateliers pour l’apprentissage de la broderie et lancé des cours d’alphabétisation et d’initiation à l’informatique», déclare la directrice de ce centre Saadia Elbahi.
Cette femme, qui se bat au quotidien pour l’amélioration des conditions de vie de la femme, se félicite de tout ce qui a été fait pour cette dernière et déplore, toutefois, «ces poches de résistance» qui sapent l’action entreprise dans ce domaine. «Malheureusement, nous constatons sur le terrain qu’il y a des gens qui résistent encore à tout changement et qui tentent de contourner les lois, notamment en ce qui concerne la pension qui doit être versée aux femmes divorcées», explique Mme. Elbahi qui, sans ambages, affirme que certains hommes «usent et abusent de faux-semblants pour fuir leurs responsabilités». Elle fait remarquer qu’outre la violence physique, il y a «un autre monstre invisible, à savoir la violence psychologique». «C’est pour cela poursuit-elle, que nous insistons sur l’écoute et nous conseillons dans certains cas le recours à un psychologue», ajoute-t-elle. Entre écoute et assistance, la tâche de ce centre n’est guère facile, surtout quand il s’agit de femmes qui ignorent totalement leurs droits et les lois qui sont faites pour les protéger. «Nous sommes confrontés quotidiennement à une ignorance des lois, c’est pourquoi nous insistons sur l’importance de la sensibilisation qui est notre principal cheval de bataille», martèle Mme Elbahi qui exhorte les responsables et la société civile à lancer des campagnes de sensibilisation. Pour elle, l’inexistence de centres d’accueil constituent un handicape «majeur».
«On sent que notre travail reste incomplet quand nous nous trouvons devant des situations qui nécessitent d’accueillir les victimes et leur offrir un toit en attendant de régler leurs problèmes», souligne-t-elle avec une pointe d’amertume. Sans pour autant se décourager, elle relève que l’assistance aux femmes et aux enfants victimes de la violence «nécessite la mise en place de tout un réseau qui doit étroitement collaborer et la désignation dans les hôpitaux, et les tribunaux d’assistantes sociales pour soulager les victimes qui souffrent de la violence sous toutes ses formes».

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