10.000 femmes alphabétisées grâce au soutien de l’USAID

10.000 femmes alphabétisées grâce au soutien de l’USAID

«Etre alphabétisée, c’est avoir la certitude de pouvoir choisir sa vie, être libre. Mais l’alphabétisation n’a pas comme seul objectif de donner la connaissance de la lecture et du calcul, c’est aussi donner aux femmes les connaissances nécessaires pour qu’elles s’intègrent convenablement  dans leur environnement économique, social et familial, stimuler un esprit entrepreneurial qui les aidera à accroître le bien-être familial», a déclaré l’ambassadeur des Etats-Unis, Thomas Riley, lors du séminaire de clôture du programme d’alphabétisation du projet ALEF de l’Agence américaine pour le développement international ( USAID). Le Projet ALEF de USAID et la Direction de la lutte contre l’analphabétisme (DLCA) du ministère de l’Education nationale ont rendu publics le 13 mai à Rabat les résultats d’une approche innovante d’alphabétisation des femmes. Ce programme, testé entre 2005 et 2007, a concerné 10.000 femmes sur quatre régions du Royaume. Les résultats ont montré que  le taux de déperdition du programme n’a pas dépassé les 2% alors qu’il se situe entre 15 et 20%, en moyenne nationale (données 2006-2007). Les  femmes qui ont suivi les 60 heures de la phase pilote des passerelles linguistiques ont acquis un niveau d’alphabétisation similaire à celui obtenu après 100 heures de cours dans le programme habituel. Le taux d’assiduité des bénéficiaires s’est révélé supérieur à 90%, alors qu’il avoisine les 70% dans les  cours classiques. Ces résultats sont  très significatifs en matière d’autonomisation des femmes dans la mesure où 68% des femmes bénéficiaires de ce programme ont reconnu qu’elles étaient désormais prêtes à prendre seules des décisions qui touchent leur vie personnelle.  Sur les 230 animateurs et animatrices qui ont été formés, 82% d’entre eux accompagnent l’autonomisation de leurs bénéficiaires par des activités d’initiation professionnelle. Pas moins de 80%  ont fait de leurs cours des séances de débat ouvert et 25% sont parvenus à encourager leurs bénéficiaires à mener des recherches indépendantes sur des thèmes liés à leur vie quotidienne. «Les femmes avec qui j’ai travaillé sont devenues, grâce à la formation, plus autonomes et plus responsables dans la gestion de leur vie personnelle et familiale. Deux femmes sont venues me raconter qu’elles avaient pu, pour la première fois dans leur vie, prendre un taxi pour aller en ville et y faire des courses toutes seules. Plusieurs autres sont fières de dire qu’elles peuvent enfin suivre et contrôler le travail scolaire de leurs enfants»,  confie Naïma Mouâtassim, formatrice en alphabétisation à Sidi Boumahdi. Une autre formatrice, Bouchra Kamal témoigne que «un jour une femme bénéficiaire lui a déclaré que sa vie avait commencé depuis qu’elle savait lire.  Une autre femme m’a révelé qu’auparavant son mari l’humiliait régulièrement en stigmatisant son ignorance. Il lui disait qu’elle n’était qu’une campagnarde, bonne à garder les bêtes. Maintenant, son mari la respecte depuis qu’il la voit lire ou faire un exercice».
Ce programme pilote cherche à mettre en œuvre une pédagogie innovante et des conditions d’apprentissage plus attractives, pour combattre les déperditions dont souffrent plusieurs programmes d’alphabétisation. Il prend ses fondements dans le programme officiel du gouvernement marocain en apportant dans son contenu un complément centré sur les articles du Code de la famille (Moudawana), sur le genre et les droits de la femme en général. Le but est d’aider les femmes à connaître leurs droits tels qu’énoncés dans le Code et de les encourager à intégrer ces droits dans leurs comportements, décisions, activités et leurs relations au quotidien. Notons que la généralisation des Passerelles linguistiques au Maroc est actuellement à l’étude par la DLCA.
Cette expérience a déjà été élargie au niveau de l’Académie régionale de l’éducation et la formation du Grand Casablanca où 24 000 bénéficiaires suivent des cours d’alphabétisation basées sur l’approche des passerelles et ce au titre de 2007-2008. A ce jour, cinq associations dans les régions de Meknès-Tafilalet, Chaouia-Ouardighaet de l’Oriental ont également adopté ce modèle de pré-alphabétisation.

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