11 mars : Le Maroc blanchi

11 mars : Le Maroc blanchi

Le Maroc n’a rien à voir dans les terribles attentats de Madrid, survenus le 11 mars 2004. Telle est, en somme, la conclusion à laquelle est arrivée l’enquête sur ces actes terroristes, qui ont entraîné 191 morts et plusieurs centaines d’autres victimes. Une conclusion dont l’auteur n’est autre que le juge espagnol Juan del Olmo, chargé de l’instruction de ces attentats. Il en ressort qu’aucun indice sur la participation des services secrets marocains à ces attentats n’a été relevé.
Sur les 12 volumes du dossier d’instruction sur lesquels le juge madrilène a levé le secret ne contiennent « aucune référence à l’éventuelle implication, ni de l’organisation basque ETA, ni des services secrets marocains », nous informe le quotidien El Pais dans sa livraison du vendredi. Le dossier d’instruction devrait être transmis mercredi prochain à la commission parlementaire d’enquête sur ces attentats. Il fait taire de manière irrévocable les élucubrations brandies sans cesse par le Parti Populaire de José Maria Aznar, celui-là même qui a payé de son poste le prix de ses mensonges sur ces attentats quand il était au pouvoir, et par ses affidés dans la presse espagnole.
Porte-étendard de ce qui ressemble de jour en jour à une campagne anti-Maroc, le journal « El Mundo » revenait encore à la charge cette semaine pour affirmer qu’un des poseurs de bombes à bord des trains de la mort à Madrid, le Marocain Mohammed Haddad, que le journal présente comme étant un « indicateur » de la DST marocaine en Espagne, a été mis en liberté et circule en toute impunité à Tétouan. Mais ce que El Mundo semble ignorer, lui qui persiste à croire que l’enquête sur Haddad est toujours ouverte, c’est que M. Del Olmo, et d’après El Pais, n’a jamais ordonné l’arrestation de Haddad car les témoins qui l’auraient reconnu se contredisaient et que le mis en cause a prouvé qu’il était le 11 mars 2004 à Tétouan. Les autorités marocaines avaient par ailleurs bien procédé à l’arrestation de Haddad au Maroc, mais c’était à la demande de l’ambassade d’Espagne à Rabat, quelques jours après les attentats et sans que le juge ne l’ait demandé, d’ailleurs ni à ce moment-là ni aujourd’hui, nous informe El Pais. Un démenti qui coupe court à une affirmation de El Mundo et dans laquelle l’ordre de perquisition du domicile de Haddad signé par le juge Juan Del Olmo le 15 mars, sur la foi d’un témoin qui l’aurait identifié à l’une des gares visées par les poseurs de bombes, est assimilé à un mandat d’arrêt.
Les deux témoins qui assuraient l’avoir vu le jour des attentats s’étant rétractés, Haddad a été relâché peu après avoir été arrêté. Une remise en liberté synonyme de disculpation après que le juge madrilène ait passé au crible judiciaire et policier toutes les accusations émises à son sujet ainsi que toutes insinuations étalées, à dessein, au lendemain des attentats, contre les services secrets marocains. La question à se poser désormais a trait justement aux desseins que voudrait bien servir une certaine presse, El Mundo en premier, mais aussi un certain ABC, surtout à un moment où les relations entre le Maroc et l’Espagne semblent, enfin, au beau fixe.

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