11,8 millions de bénéficiaires du Ramed : Seulement 7,4 millions disposent d’une carte valide

11,8 millions de bénéficiaires du Ramed : Seulement 7,4 millions disposent d’une carte valide

Le taux de renouvellement d’éligibilité a été fixé à 46% à fin janvier 2018

Depuis sa généralisation en 2012, le Ramed (Régime d’assistance médicale) attire toujours plus de bénéficiaires. Selon les derniers chiffres disponibles de l’Anam (Agence nationale de l’assurance-maladie), le nombre de personnes immatriculées a atteint 11.866 735 bénéficiaires à fin janvier 2018 soit

4.806 .335 foyers. Notons que durant le seul mois de janvier 2018, 75.866 nouveaux bénéficiaires ont été immatriculés (37.259 foyers). Ainsi, ces statistiques montrent bel et bien que les prévisions du Régime qui tablaient initialement sur 8,5 millions de bénéficiaires selon l’étude actuarielle de 2006 ont largement été dépassés. Notons que ce chiffre a été révisé par la suite. Ainsi, la population  cible est estimée à 8.107.66 bénéficiaires, soit 3.185.049 foyers. Le taux de réalisation du Ramed a atteint 146% à fin janvier 2018.   En revanche, ils ne sont que 7.420.722 bénéficiaires à disposer d’une carte valide leur donnant accès aux soins. La fin de la date de validité et le non renouvellement des demandes expliquent cette situation.

Toujours selon l’Anam, le taux de renouvellement d’éligibilité n’est que de 46% à fin janvier 2018. Un pourcentage qui a connu une toute petite hausse par rapport à fin novembre 2017 où le taux de renouvellement d’éligibilité était fixé à 45,7%. S’agissant de la répartition des immatriculations par genre, 52% des bénéficiaires sont des femmes, soit 6.226.877 contre 48% pour le sexe masculin (5.639.811).   Signalons également que 51% des personnes immatriculées proviennent du milieu urbain et 49% du milieu rural. Si l’on examine la répartition des immatriculations des bénéficiaires par région à fin janvier 2018 (voir tableau ci-dessus), la région de Casablanca-Settat arrive toujours en tête avec 1.809.883 bénéficiaires, soit 760.567 foyers. Viennent ensuite les régions de Fès-Meknès avec 1 800 969 bénéficiaires (736.836 foyers), Rabat-Salé-Kénitra (1.708.135 bénéficiaires, soit 711.492 foyers), Marrakech-Safi (1.595.770 bénéficiaires, soit 596 150 foyers) et Béni-Mellal-Khénifra (1.127.186 bénéficiaires, soit 446.485 foyers). Pour ce qui est de la répartition des immatriculations par tranche d’âge, il y a lieu de relever que les 10-20 ans représentent la proportion la plus importante avec 20%, soit 2.388.714 bénéficiaires, suivis des 20-30 ans avec 14% (1 687.243 bénéficiaires), les 40-50 ans (14%, 1.643.056), les 30-40 ans (13%, 1.581.444), les 0-10 ans (13%, 1.541.751), les 50-60 ans (12%, 1.384.605), les 60-70 ans (8% soit 946.243 bénéficiaires), les 70-80 ans (4%, 453.99) et les 80 ans et plus avec 2% (239.743).   

Malgré quelques avancées positives, le Ramed est confronté à plusieurs problèmes ayant trait au ciblage, à l’amélioration du processus d’éligibilité, la qualité de service aux bénéficiaires, ainsi que l’amélioration du financement et de sa gouvernance. Les subventions réservées au Régime sont insuffisantes vu  la part importante des pauvres parmi les bénéficiaires. D’après l’Anam,  la population bénéficiaire «étiquetée comme pauvre» représente 91%, tandis que seulement 9% sont «classés comme vulnérables». Les pauvres absolus sont exemptés du paiement des cotisations. Seules les personnes vulnérables sont contraintes de verser une cotisation annuelle qui est fixée à 120 DH par personne, plafonnée à 600 DH par famille. Ce qui revient à dire que seulement 1.318 526 bénéficiaires sont en mesure de verser la cotisation annuelle de 120 DH. Il faut aussi relever que la création d’un organisme gestionnaire du Ramed se fait toujours attendre. Outre les problèmes de financement et de gestion, se pose le problème d’accès au Régime pour les plus démunis, notamment ceux installés dans les régions enclavées où se pose initialement la question de l’accès aux soins. Plusieurs régions font face à un manque de services de santé, vu l’insuffisance et la mauvaise répartition des cadres médicaux et paramédicaux et des dispensaires.

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