15 ans de prison pour le fellah sans pitié

Mai 2003. Mohamed. F, quarante-deux ans, père de famille est debout, au box des accusés à la chambre criminelle près la Cour d’appel de Settat. Le crime odieux pour lequel il va être jugé peut lui valoir la peine perpétuelle. Il est poursuivi pour homicide volontaire d’un enfant et recel de cadavre. Le meurtre remonte au mois de mai 2001. Tous les habitants d’un douar d’Ouled Âbou, province de Settat, ont été sidérés, en ce 13 mai 2001, par la découverte de deux sachets en plastique renfermant deux parties d’un corps en décomposition avancée. Ils ont alerté les gendarmes. Ces derniers se sont dépêchés sur les lieux. Le premier constat d’usage révèle qu’il s’agit du cadavre d’un enfant. S’adressant à son adjoint, le chef de la brigade s’interroge sur la relation entre cette découverte et la disparition depuis un mois de Jawad. S, âgé de 10 ans. Depuis le 14 avril 2001, ce dernier n’a plus donné signe de vie. Une disparition mystérieuse qui a secoué le douar. Les investigations menées, à ce propos, par les gendarmes étaient toutes restées sans succès. S’agissait-il d’une fugue? Ses camarades à l’école ont affirmé aux enquêteurs que Jawad les accompagnait le soir du jour de sa disparition. Ils sont sortis, vers 18h, de l’école, pour se rendre dans un champ situé près du douar, où ils avaient l’habitude de chiper des pois-chiches. Mais, cette fois-ci, ils ont été surpris par le propriétaire qui les a poursuivis à cheval, un bâton à la main. Ils ont couru à gauche et à droite, sans destination précise. Aucun d’entre eux n’a fait attention à la destination prise par l’autre. Chacun d’eux ne pensantt qu’à fuir le cavalier qui les poursuivait en leur distribuant des coups de bâton. Et Jawad ? Il n’est pas retourné chez lui. Il a disparu. Les investigations des enquêteurs sont arrivés à la conclusion qu’il s’agit bel et bien de l’enfant, Jawad. Qui l’a tué et découpé ? Où était caché son cadavre depuis un mois avant d’être jeté sur le lieu de sa découverte? En parallèle, les gendarmes enquêtaient sur un incendie qui a ravagé, la veille de la découverte du cadavre de l’enfant, le dépôt de Mohamed. F. Lors du constat d’usage, les enquêteurs ont remarqué la présence de vers dans un coin du dépôt. Mohamed n’a donné aucune explication à la présence de ces petites bestioles. Ce qui a mis la puce à l’oreille des gendarmes qui ont prélevé un échantillon et l’ont envoyé au laboratoire scientifique de la police à Rabat. Ce dernier a conclu qu’il s’agissait bel et bien des vers qui rongent les cadavres en état de décomposition. Les enquêteurs ont arrêté Mohamed. F et l’ont placé en garde-à-vue. Ils n’ont pas hésité à l’accuser du meurtre de Jawad. Il a tenté de se disculper. Mais vain. Les preuves contre lui étaient accablantes. Il suivait Jawad et ses amis de l’école en les frappant à l’aide d’un bâton. Et le soir même de la disparition de l’enfant, un incendie s’est déclenché dans son dépôt. Des vers qui rongent les cadavres ont été découverts dans son dépôt… Soumis au feu roulant des questions, il s’est effondré et a fini par avouer être l’auteur du crime. Comment et pourquoi ? Il a surpris les enfants qui volaient les pois-chiches dans son champ et les pourchassait, quand Jawad est tombé sous les sabots du cheval. Il a été blessé. Mohamed l’a évacué vers son dépôt pour le soigner, loin de sa famille. Seulement, quelques jours plus tard, Jawad a rendu l’âme. La situation est devenue plus complexe. Il a pensé à une solution «convenable». Et il y est parvenu en découpant le cadavre en deux parties et les a mis dans deux sachets en plastique avant de les enterrer dans son dépôt. Cependant, il a entendu que les gendarmes enquêtaient sur une affaire de vol de blé et qu’ils fouilleraient les dépôts de tous les habitants du douar. Craignant d’être découvert, il a décidé de se débarrasser du cadavre et de mettre le feu à son dépôt pour détruire toute trace de son crime. Et il est passé à l’action.

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