15 cas de rage humaine notifiés en 2017

15 cas de rage humaine notifiés en 2017

65.000 personnes ont été vaccinées après avoir été mordues ou griffées par des animaux

 

La rage continue de sévir au Maroc en dépit de l’existence d’une stratégie nationale multisectorielle.   Selon les dernières statistiques du ministère de la santé publiées à l’occasion de la journée mondiale contre cette maladie, 15 cas de rage humaine ont été notifiés en 2017. Le ministère signale également que 65.000 personnes ont été  vaccinées  en 2017 en recevant une prophylaxie en post, exposition (PPE) après avoir été mordues ou griffées par des animaux surtout par des chients errants. Dans neuf cas sur dix, la personne atteinte de rage a été mordue par un chien enragé. En effet, le réservoir et vecteur principal de cette maladie est le chien qui est à l’origine de la majorité des contaminations comme le souligne l’OMS.

«Dans une proportion allant jusqu’à 99% des cas chez l’homme, elle est transmise par des chiens domestiques, mais le virus peut infecter les animaux domestiques et les animaux sauvages. Il est transmis à l’homme en général par la salive des animaux infectés lors d’une morsure ou d’une égratignure». Au Maroc, 400 cas de rage animale sont déclarés chaque année. S’agissant de la répartition des cas de rage humaine par région, Casablanca-Settat arrive en tête avec 83 cas notifiés durant la période 2000-2017. Viennent ensuite les régions de Rabat-Salé -Kénitra (55 cas), Marrakech-Safi (49 cas), Souss-Massa (42 cas), Fès-Meknès (37 cas), Tanger-Tétouan-Al Hoceima (32 cas), Béni-Mellal-Khénifra (30 cas), l’Oriental (22 cas) et Draâ-Tafilalet (17 cas). Les provinces les plus touchées sont celles qui concentrent une forte densité de la population canine. L’analyse des données épidémiologiques montre que neuf provinces enregistrent plus de 40% des cas. Il s’agit de Kénitra, El Jadida, Settat, Sidi Kacem, Kelaâ Sraghna, Chtouka Ait Baha, Errachidia, Taounate et Béni Mellal.

Eradication avant 2030 ?

La stratégie nationale de lutte contre la rage n’a pas réussi jusqu’à aujourd’hui à éradiquer la rage au Maroc. Plusieurs raisons expliquent cette situation. A commencer par l’absence de statistiques fiables sur la population canine, notamment les chiens domestiques. Il faut aussi noter l’absence de formation continue chez les professionnels de santé et surtout l’absence d’une évaluation du programme national. Le manque de sensibilisation et de communication sur cette maladie auprès des citoyens constitue un problème de taille. Parmi les autres obstacles figure une faible coordination intersectorielle entre les secteurs de la santé animale et de la santé humaine tant au niveau central que provincial, le non-respect  par les collectivités locales des normes d’hygiène dans les abattoirs et les décharges publiques ainsi qu’une insuffisance des mesures de vaccination chez l’animal.

En matière de prophylaxies post-exposition, se pose le problème d’accessibilité et de disponibilité des vaccins et des autres traitements antirabiques dans les centres antirabiques. A ceci s’ajoute le problème de la disponibilité du personnel formé en matière de prophylaxie. Le défi majeur est d’éliminer la rage au Maroc en passant d’une stratégie de lutte à une stratégie d’éradication. Cette maladie virale grave pourrait être pratiquement éradiquée si l’on procédait à la vaccination de 70% des chiens, comme le recommande l’OMS. Le ministère de la santé qui se veut optimiste estime qu’il sera possible d’éliminer la maladie avant l’année 2030.

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