20 ans pour Erramach

20 ans pour Erramach

Mercredi 26 courant. Les aiguilles des montres indiquaient 2h du matin. La Cour d’appel de Tétouan était sous haute surveillance. Bref, elle était en état de siège. Mounir Erramach, Mourad Bouzinani, Ahmed Benhalima et vingt-trois autres mis en cause impliqués dans ce gros dossier de trafic de drogue attendaient le verdict depuis mardi 25 mai, le temps de la mise de l’affaire en délibéré. Les membres de leurs familles étaient, depuis le matin, à l’intérieur et aux environs du siège de la Cour.
Quatorze heures sont passées avant que les magistrats ne sortent de la chambre des délibérations. Seuls les hommes étaient à la salle d’audience et les avocats des mis en cause. Les femmes sont restées dehors, elles ont été interdites d’y rentrer. L’assistance attendait le verdict. Et le président de la Cour ouvre le grand dossier et commence par les trois mis en cause qui sont jugés non coupables et par conséquent ils ont été acquittés.
Il s’agit de Saïd Boumaâza, Younes Chafki et Mohamed Lotfi Kanfoud. Puis ce fut le tour des mis en cause condamnés à des peines moins lourdes. Une méthode qui a permis à l’assistance de garder dans un premier moment son calme avant de découvrir que les peines commencent à s’alourdir.
A ce propos, le président a annoncé que la Cour a condamné Boukhiar Allouche à une amende de 200.000 dh pour conduite sans permis, Mohamed Yatti à un mois de prison avec sursis pour assistance à l’émigration clandestine, Bouchra Charaï, à 2 mois de prison avec sursis pour débauche, Mohamed Stitioua à 8 mois de prison ferme assortis d’une amende de 500 dh pour assistance d’un individu recherché par la justice. La même chambre a condamné Ahmed Tartour, Touria Tétouani, Omar Mernissi et Abdelhamid Aznak à 2 ans de prison ferme assortie d’une amende de 20.000 dh, Mohamed Mechbal, à 3 ans de prison ferme, Radouane Fahsi Cheikh et Mohamed Yaâkoub à 4 ans de prison ferme, Chakib Rabboukh à 5 ans de prison ferme pour enlèvement d’une personne.
La Cour a également condamné Noureddine Chahboune, Aziz Zouheir et Habib Allah Ben Mbarek à une peine similaire assortie d’une amende de 100.000 dh pour trafic de drogue, Abdellatif Hamdoune à 6 ans de reclusion criminelle assortie d’une amende de 100.000 dh pour trafic de drogue et possession d’armes sans autorisation, Mohamed Tayeb Ouazzani à 8 ans de réclusion assortie d’une amende de 100.000 dh, Ali Barkhoukh et Abderrazak Hdidou à 10 ans de réclusion pour tentative d’homicide volontaire, à 10 ans de prison ferme assortie d’une amende de 200.000, Mohamed Benhalima à 15 ans de réclusion pour enlèvement, séquestration et trafic de drogue. Alors que les deux trafiquants de drogue Mourad Bouziani et Mounbir Erramach ont écopé de 20 ans de réclusion criminelle pour tentative d’homicide avec préméditation, usage et possession d’armes à feu, trafic de drogue, falsification de document, administratif, et corruption.
Elle a condamné par ailleurs Mounir Erramach à verser une somme globale de 3.599.587.000 dh à l’administration des douanes. Hdidou Abderrazak, Mohamed Machbal, Abdellatif Hamdoune, Noureddine Chahboune, Mohamed Benhalima ainsi que Erramach doivent verser à la même administration une somme globale de 754.248.000 dh. Après la prononciation de ces verdicts, les membres des familles ont commencé à crier, à pleurer et à reprocher les peines jugées très lourdes. Une réaction des familles qui a été suivie par une intervention policière. « C’était une boucherie », commente Me Abdelkader Essabane, avocat de l’un des mis en cause. Ce dernier a précisé « C’était une intervention policière avec violence contre les familles, au point que plusieurs membres d’entre eux ont perdu conscience ».
A propos des verdicts, ce dernier a précisé qu’elles sont « lourdes » avant d’affirmer que le collectif des avocats qui ont soutenu les mis en cause impliqués dans ce dossier interjetteront appel à la chambre criminelle de deuxième degré. Signalons que la Cour spéciale de Justice (CSJ) a condamné mercredi 21 avril, Mounir Erramach et Mohamed El Ouazzani, alias Nini à une peine de trois ans de prison ferme, assortie d’une amende de 5.000 dirhams pour corruption. D’autres mis en cause dont des juges et des éléments de la sûreté nationale ont été condamnés à des peines d’un et 2 ans de prison ferme.

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