20 ans pour le mari indigne

20 ans pour le mari indigne

Leurs regards se sont croisés à mi-chemin. Chacun d’eux avait sa propre destination qui diffère de celle de l’autre. Lui, c’est Farid, trente-deux ans, qui se hâtait à destination de son travail. Elle, c’est Zhor, vingt-trois ans, qui traînait ses pas vers la faculté où elle poursuit ses études, à Oujda. Elle est séduisante et il est charmant. Quand ils se sont croisés, chacun d’eux a tourné la tête pour lancer un dernier regard sur l’autre.
S’agit-il vraiment d’un dernier regard ? Il semble que la réponse sera négative parce que Farid n’a plus avancé d’un pas une fois qu’il l’a dépassée et a fixé ses yeux sur elle au point qu’il semble avoir oublié son travail. Que lui veut-il ? S’agit-il d’un coup de foudre ? Il n’en sait rien. Mais il a réagi étrangement. Il a laissé tomber son travail pour la suivre, jusqu’à se rapprocher d’elle.
A ce moment, il lui a chuchoté quelques mots à l’oreille. Que lui a-t-il dit ? Il semble qu’il lui a exprimé son admiration, son coeur qui bat la chamade et sa vie qui a été perturbée en quelques secondes au point qu’il ne pense plus aux reproches de son patron. La preuve est qu’elle n’a pas prononcé un mot et qu’elle s’est contentée de lui adresser un sourire merveilleux.
En un clin d’oeil, elle lui a donné son numéro de téléphone portable et son adresse. Pourquoi ? Parce qu’il lui a exprimé son intention de se présenter chez sa famille pour la demander en mariage. C’est ce qui est effectivement arrivé une semaine plus tard. Farid s’est rendu, en compagnie de sa mère et de sa soeur, au domicile de Zhor. Ils l’ont demandée en mariage. La jeune fille est pleine de joie au point qu’elle n’a pas su comment s’exprimer. “D’ici un mois, ils seront sous le même toit“, dit la mère de Farid. Zhor et sa famille souhaitaient que les noces soient célébrées trois mois plus tard, afin qu’elles se préparent. Seulement Farid semble très pressé. Pourquoi ? Nul ne sait au juste. Il souhaite se marier le plus tôt possible. Est-il amoureux au point qu’il ne peut patienter trois mois ? C’est étrange. Deux semaines plus tard, il est retourné chez la famille de Zhor, leur demandant de se préparer à une petite fête pour la nuit de noces. Hébétées, Zhor et sa famille ont gardé le mutisme. Nul n’a pu prendre une décision qui contredise celle de Farid. “Tout a été préparé pour que nous soyons la semaine prochaine chez moi“, leur affirme-t-il, sur un ton sans réplique. Effectivement, tout a été préparé en un laps de temps et Zhor s’est retrouvée chez son mari, occupant une pièce avec sa belle-famille. Pas plus d’un mois plus tard, Farid s’est mué en monstre, ne parlant que pour injurier Zhor, ne lui répondant que par des gifles, ne la regardant que pour l’insulter.
Certes, il lui a permis de poursuivre ses études à la faculté. Seulement, il ne ratait pas la moindre occasion pour venir la surprendre devant la porte, comme s’il doutait d’elle. Il lui a interdit de discuter avec un étudiant. C’était l’enfer quand il l’a surprise une fois en train de converser au seuil de la faculté avec un étudiant. Il s’est transformé en monstre, sans âme, sans pitié, il l’a maltraitée si violemment qu’elle a commencé à réclamer la répudiation et a regagné le foyer parental. Sans vergogne, Farid l’a rejointe, lui a demandé de retourner dans son foyer, tout en menaçant tous ceux qui tentaient de s’approcher de lui. Il ne voulait que son épouse. Il a protesté si violemment que Zhor et ses parents ont fini par obtempérer. Elle est sortie de chez elle et l’a accompagné. Il s’est calmé durant une semaine avant de reprendre sa barbarie contre elle. Il n’hésitait pas à la maltraiter à chaque fois. Il suffit qu’elle ne prépare le thé en cinq minutes, pour qu’il commence à crier, à insulter, à injurier tout ce qu’il rencontre devant lui. Zhor n’avait pas d’autre refuge que les larmes qui coulaient en cascade. La dernière fois, il a commencé à la malmener parce qu’elle avait refusé de passer la nuit entre ses bras, prétextant la maladie. D’un coup de fouet à l’autre, elle a perdu conscience. Il l’a emmenée aux urgences de l’hôpital Al Farabi. Mais trop tard. La pauvre Zhor avait rendu l’âme. Farid a prétendu qu’elle était tombée dans l’escalier. Une affirmation qui n’a pas convaincu le médecin. Ce dernier a alerté la police qui a entamé son enquête.
D’une question à l’autre, Farid a fini par tout avouer et il a été traduit devant la chambre criminelle près la Cour d’appel d’Oujda qui l’a condamné à 20 ans de réclusion criminelle.

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