2002, concrétisons le changement !

L’année 2002 sonne bien à l’oreille. Sera-t-elle l’année de la concrétisation du changement et du couronnement d’une transition démocratique singulière ou du piétinement de l’alternance consensuelle et du retour en force de tous les archaïsmes.
Par nature optimiste, j’aurais tendance à privilégier la première option. Certes, beaucoup de critiques, parfois justifiées, s’élèvent ça et là, pour s’alarmer de la lenteur, voire pour les plus récalcitrants, de l’inexistence ou encore de l’inanité du changement ? Eternel problème de nos élites. Cette formidable propension à dénigrer et à noircir encore plus ce qui l’est déjà suffisamment pendant que ceux qui tirent les ficelles perpétuent ou tentent de le faire à l’ère ancienne.
Aujourd’hui, les Marocains ont leur avenir en mains. C’est pour cela que mon propos ici ne sera pas, d’interpeller les politiques, quand bien même ils ont fortement besoin de l’être, mais d’affirmer, à la sauce marocaine : « ce qui compte, ce n’est pas ce que notre pays nous apporte, mais ce que nous, nous apportons à notre pays ».
Et que pouvons-nous aujourd’hui apporter à notre pays ? De la confiance d’abord en valorisant nos chances d’aller, contre vents et marées, vers une société de démocratie, de progrès et de justice sociale. De l’initiative ensuite. En évitant d’ergoter sous toutes les nuances de la grisaille et de la sinistrose et en contribuant à ce que mille initiatives fleurissent, accordant ainsi un formidable appui de la société en mouvement à l’action pour le changement. De la rigueur enfin. En réagissant au gâchis quotidien que le Maroc génère en incompétence et laisser-aller et en prônant inlassablement les valeurs de l’effort, du mérite, de la performance et de la productivité. Seule une telle attitude est en mesure de provoquer la montée en puissance graduelle du changement. C’est là, la volonté déclarée à maintes reprises du Souverain et la tâche attendue du gouvernement d’alternance.
Des chantiers sont en cours. Ils se nomment : modernisation des structures économiques, relance de l’investissement, accès aux technologies modernes, lutte contre la pauvreté, le chômage et l’exclusion, développement du monde rural, généralisation de l’enseignement, de la couverture sociale et de l’accès à un logement décent et, enfin, consolidation résolue de l’Etat de droit, à travers le règlement définitif des contentieux du passé, l’enracinement de la culture des droits de l’homme, la réforme de l’audio-visuel et du code de la presse et une nouvelle vision du rôle des institutions et des structures politiques et associatives.
Des retards sont palpables. Une gestion passée catastrophique de la chose publique empêchent l’activité économique de prendre sa pleine mesure. Car que dire, en effet, d’une dette extérieure astronomique de 23 milliards de dollars réduite aujourd’hui à 15, ou, à titre limitatif, de près de 100 milliards de dirhams d’arriérés de paiement, dont l’actuel gouvernement supporte le remboursement et qui portent parfois sur des scandales comme celui du non règlement pendant des années des cotisations retraite des offices publics. Sur le plan social en particulier, le changement tarde à faire partie du vécu quotidien des Marocains et Marocaines.
Il n’en reste pas moins que le Maroc, à quelques mois des élections, n’a pas d’autre option viable que celle de permettre à l’expérience des forces de progrès de se poursuivre. C’est le combat de l’heure. Il passe par la garantie d’élections transparentes pour la première fois dans l’histoire du pays et par l’aménagement d’un code électoral meilleur. La question du passage à un mode de scrutin avec liste et à la proportionnelle est centrale. Elle met fin au système des notabilités locales et permet l’émergence accrue des partis politiques et de leurs programmes. D’aucuns ne le souhaitent pas car le système leur ayant permis d’être en jeu. Ils manifestent aujourd’hui leur résistance. Manifestons en retour notre détermination à aller de l’avant. C’est là la tâche des forces du progrès. Espérons que dans l’union et fortes du soutien d’une volonté sociale en mouvement, elles sauront la concrétiser.

• Nabil Benabdallah,
membre du Bureau politique du PPS

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