«2007 Daba» entre en campagne

«2007 Daba» entre en campagne

Pourquoi les Marocains boudent la politique ? Le désintérêt pour les partis est-il une fatalité ? Comment alors faire pour que les Marocains retrouvent le chemin des urnes ? L’association « 2007 daba » lance désormais le défi de répondre, voire remédier, à la désaffection quasi-chronique du citoyen à l’égard de la chose politique. Lors d’une conférence de presse lundi soir à Casablanca, «2007 daba», association créée en février 2006 mais autorisée il y a à peine cinq jours, a exposé les grandes lignes d’un ambitieux plan d’action. Noureddine Ayouch, ainsi que l’état-major de sa nouvelle association, s’est attelé d’abord à établir le diagnostic de cette désaffection, citant à l’appui de ses propos les données chiffrées contenues dans le Rapport du cinquantenaire : 50% des jeunes ne sont pas inscrits sur les listes électorales ; 38% seulement des jeunes ont participé aux dernières élections législatives ; moins de 1% des femmes adhèrent à des partis politiques… Partant de ces chiffres, la désaffection des citoyens pour la chose politique, fait constater M. Ayouch, «est manifeste en particulier chez les jeunes et les femmes ». Un constat confirmé par une récente enquête réalisée auprès des jeunes par « 2007 daba» dans la région du Grand-Casablanca. Outre le poids de la peur (héréditaire) de la politique, qui a suscité chez les jeunes une sorte d’inhibition, l’image de l’homme politique est restée associée aux synonymes du «magouilleur», du « jongleur», du « menteur», du « malade de pouvoir »… Or, sur ce dernier point, les jeunes interrogés auraient exprimé, toujours selon l’enquête, leur exaspération à voir «les mêmes noms qui reviennent depuis toujours», appréciant en revanche l’émergence ces dernières années «d’une poignée de jeunes hommes politiques». Comparée à un « jeu de moyens», qui plus est «dangereux», «sournois», «menaçant», et «risqué», la politique n’inspire toujours pas confiance chez le citoyen. A cela, il faut ajouter l’ambiguïté des programmes électoraux des partis, lesquels s’assemblent et se ressemblent ; «les votants ne savent pas sur quoi se baser pour choisir un parti plutôt qu’un autre», le vote est perçu ni plus ni moins comme un simple «effort physique», ou plus encore, comme une «débauche de moyens», fait remarquer un intervenant.  Reste, maintenant, à savoir comment surmonter tous ces obstacles. En insistant sur le rôle des partis politiques, véritable pilier de la démocratie, l’association de Noureddine Ayouch affirme avoir élaboré un programme en collaboration avec des consultants internationaux pour réhabiliter la confiance perdue. Une opération de marketing politique destinée à réconcilier le citoyen avec les partis. Cette opération se déclinera en trois workshops : le premier, prévu pendant la première quinzaine de novembre, est destiné au recrutement. L’association, qui indique avoir consacré une enveloppe de 9 millions de dirhams au financement de son plan d’action, ne lésinera pas sur les moyens pour rallier les jeunes aux partis politiques. Cercles de rencontres, actions dans les médias, cyber-attitude, tournée d’une caravane qui joindra l’utile (politique) à l’agréable (musique)… Vaste programme.
Dans un deuxième temps, l’association prévoit une campagne de communication destinée à sensibiliser les partis politiques sur l’importance du marketing politique, le tout couronné en été prochain par la tenue des « Assises de la démocratie ». Récapitulons : Ayant pour cible les jeunes, ainsi que les partis politiques, le plan d’action de « 2007 daba » entend également impliquer les élites en encourageant leur adhésion aux partis politiques.

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