2007 : Les contestataires réagissent

2007 : Les contestataires réagissent

«Les projets de lois électorales adoptés par le gouvernement et sa majorité reflètent la haine et le mépris de la majorité pour les nouveaux partis». C’est ainsi que s’exprimait, hier à Rabat Abdelkarim Benatik, patron du Parti travailliste nouvellement constitué. Lors d’un meeting de "protestation contre les projets de lois électorales de la majorité", organisé dans un cinéma de la capitale administrative, M. Benatik a accusé les leaders de la majorité de vouloir «faire hériter les postes ministériels à leurs descendances» et qualifié «la démarche du gouvernement comme découlant d’une "logique d’exclusion».
Le meeting du Parti travailliste intervient dans le cadre d’une série de manifestations organisées par des groupes de partis qui protestent contre les projets de la majorité, et du gouvernement, pour l’encadrement législatif du scrutin de 2007 et notamment en ce qui concerne le seuil de 7 % et la nécessité de réunir un millier de signatures pour les candidats des partis qui n’ont pas réussi à avoir au moins 3 % des voix lors du précédent scrutin.
Il y a quelques jours, ce sont une dizaine de partis qui ont pris l’initiative de créer l’"Alliance pour la démocratie" avec, pour seul objectif celui de protester contre les projets du gouvernement. La tension est montée d’un cran après le Conseil de gouvernement du 29 juin 2006 qui a avalisé les principaux points ayant fait l’objet d’un consensus des partis de l’actuelle majorité : un seuil d’éligibilité à 7% pour les listes locales et nationales.
Et surtout l’obligation, pour les candidats des partis qui n’ont pas atteint 3 % des voix en 2002 de réunir un millier de signatures dans au moins 8 régions du Royaume.
Pour les détracteurs des décisions de la majorité, le seuil de 7 % est en flagrante contradiction avec celui de 5 % que retient l’article 60 de la loi sur les partis politiques pour la répartition de la subvention étatique. Ces partis se mettent déjà dans le rôle des prochaines victimes de 2007 avec une majorité qui se taille une loi électorale "sur mesure" pour écarter "75 % des partis marocains", comme l’affirme un récent communiqué de l’"Alliance".
Le PJD, quant à lui, sans "se sentir principalement visé" par les projets de la majorité, s’y oppose "par principe" et joint sa voix aux partis qui décrient la "position passive" du ministère de l’Intérieur. Les 11 partis de l’"Alliance pour la démocratie", après avoir revendiqué de reconduire le seuil de 3 %, de nouvelles listes électorales et un nouveau découpage, ont menacé de boycotter les prochaines élections au cas où la majorité arriverait à avoir gain de cause au Parlement.
De l’autre côté, on retrouve les partis de la gauche non gouvernementale qui formulent les mêmes griefs en mettant l’accent sur les "velléités d’exclusion" que refléterait le seuil de 7 % des voix. D’autre part, et selon des sources à Annahj Addimocrati et au PADS (Parti de l’avant-garde démocratique et socialiste), ces deux partis risqueraient de ne pas prendre part aux prochaines élections.
Les militants de ces deux formations de la gauche radicale s’étaient exprimés pour mettre fin à de longues années de boycott de tous les scrutins. Ils se disent mus par les changements de fond qu’a connus le pays ces dernières années.
Les projets avalisés par le gouvernement sont attendus lors de la présente session au Parlement. Auparavant, ils doivent franchir le cap du Conseil des ministres.

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