2007 : Les MRE n’iront pas aux urnes

2007 : Les MRE n’iront pas aux urnes

Il s’agit d’une "erreur gravissime". C’est ainsi qu’un communiqué officiel du secrétariat général du PJD qualifie la décision de la majorité d’"adopter une approche progressive pour mettre en œuvre les mécanismes relatifs à la représentativité des Marocains résidant à l’étranger". Avec, à la place, la priorité à la structuration du Conseil supérieur des MRE et la mise en place de règles juridiques permettant à ces derniers de participer aux élections nationales et locales. Autrement dit, le communiqué du ministère de l’Intérieur du vendredi 16 juin 2006 affirme implicitement que les MRE ne devraient pas compter aller aux urnes, en 2007, pour élire leurs représentants au Parlement, à l’issue du scrutin de 2007.
Pour Khalid Naciri, membre du bureau politique du PPS, "cela semble être l’orientation du ministère de l’Intérieur de différer la résolution de cette problématique" pour des difficultés logistiques".
M. Naciri, tout en affirmant que "personne ne remet en cause la nécessité de la participation" des Marocains de la diaspora, déclare qu’il est question de "trouver le temps pour déboucher sur une solution démocratique appropriée.
Le même son de cloche, on le retrouve chez d’autres partis de la majorité dont les responsables avaient multiplié des déclarations dans ce sens avant même que ne soit rendu public le communiqué de l’Intérieur. C’est le cas, entre autres, de l’USFP avec les propos de Mohamed Elyazghi et Nouzha Chekrouni, la ministre des MRE qui se trouvait, hier, en mission de reconnaissance au consulat du Maroc à Montréal. Le PJD, pour en revenir à sa réaction, va même plus loin en accusant, hier via sa presse "officieuse", les partis de la majorité d’avoir fait marche arrière par crainte d’un vote ouvertement en faveur des islamistes.
Abdelkarim Belguendouz, spécialiste des questions de l’immigration, réagit sur un ton des plus véhéments et impute la responsabilité de cette "désillusion" à l’Administration et notamment aux ministères des Affaires étrangères et de l’Intérieur. "C’est inadmissible et irrecevable", indique-t-il avant d’ajouter que cela "va à l’encontre du discours royal du 6 novembre 2005 et remet en cause le sérieux et la crédibilité des décisions de la plus Haute autorité du pays". M. Belguendouz rappelle à juste titre que ni le département de Mohamed Benaïssa ni celui de Chakib Benmoussa n’ont pris d’initiatives concrètes permettant la participation des MRE aux élections dont la révision des listes électorales. "C’est une fuite en avant", ajoute encore le chercheur qui rapporte les expériences de pays voisins comme l’Algérie (8 députés) ou encore les récentes élections italiennes (6 sénateurs et 12 députés). Mieux encore, s’interroge-t-il, "pourquoi ces mêmes MRE, qui ont pris part au référendum sur l’amendement constitutionnel de 1996, se trouveraient-ils empêchés, aujourd’hui, d’exercer un droit que leur garantit cette même Constitution ?".
La décision de la majorité, "endossée" par l’Intérieur, a fait l’effet d’une douche froide chez les MRE et notamment chez des organisations qui ont multiplié meetings et conférences en attendant de voir le bout du fil d’une concrétisation des décisions royales. Des scenarii avaient même été avancés par plusieurs ONGs regroupant des MRE. Des partis politiques, pour ne citer que le PJD, le PPS et le PND, sont allés jusqu’à prendre l’initiative d’effectuer des déplacements à l’étranger pour rencontrer les MRE dans le cadre de ce qui semblait être une campagne électorale avant terme. Aujourd’hui, tout tombe à l’eau et il faudra attendre 2012.  

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