22.940 filles bonnes à Casa

Mardi dernier, la délégation régionale du ministère de la Prévision économique et du Plan à Casablanca a présenté les résultats d’une enquête réalisée auprès d’un échantillon de 529 filles domestiques. Cette enquête a été réalisée dans le cadre du Plan d’Action 2000-2001 entre le Fonds des Nations Unies pour l’Enfance (UNICEF) et la Wilaya de Casablanca. L’enquête statistique, qui a été effectuée par sondage stratifié, les villas, les immeubles et autres types d’habitats, montre que 22940 filles domestiques, âgées de moins de 18 ans travaillent à Casablanca, 13580 âgées de moins de 15 ans, soit 59,2 % et 9360, âgées de 15 à 17 ans, soit 40,8 %, dont la grande majorité sont issues du milieu rural, 86,8 %. Il est à souligner que 82,2 % de ces filles sont analphabètes.
Celles ayant reçu une éducation scolaire ne représentent que 17,8 %. L’enquête explique que les causes ayant été à l’origine de cette privation de la scolarité s’articulent autour de trois cas. Le manque de moyens vient en tête avec 43,3 %, le refus du tuteur (22,3 %) et l’éloignement de l’école (20,5 %).
L’enquête montre que ces filles domestiques appartiennent en grande majorité à des familles nombreuses. La taille moyenne de leurs ménages est de huit personnes. 22 % d’entre elles sont orphelines et 70 % ont perdu leurs pères.
S’agissant de la question du contact avec leur familles, l’enquête indique que 65 % reçoivent la visite de leurs parents chez le ménage employeur. 70 % des parents ne rendent visite à leurs filles que vers la fin du mois en vue de percevoir le salaire, et seulement 30 % pour s’enquérir de l’état de santé de la fille. Pour ce qui est des moyens d’embauche de ces filles, dont la faiblesse des ressources des parents constitue la raison déterminante pour le recours au travail (96,4 %), les résultats montrent que la majorité des filles embarquent chez l’employeur par le contact d’une personne de la famille. Cependant, 20 % de filles trouvent un emploi à travers des intermédiaires (agences informelles). Les conditions exigées pour l’embauche s’articulent autour des tâches quotidiennes qui se diffèrent d’une famille employeuse à l’autre et selon l’âge de la fille. Toutes les domestiques font le ménage. Elles assurent également des courses (77 %). Et près de 20 % accomplissent simultanément trois tâches. Celles âgées de moins 15 ans sont généralement préférées pour la garde des bébés, les courses et l’accompagnement des enfants à l’école.
Les salaires, souligne l’enquête, varient d’une famille à l’autre et selon l’âge de la fille. Ils ne sont versés aux jeunes domestiques que dans 20 % des cas. Ces salaires oscillent entre 220 et 500 dirhams.
L’enquête soulève enfin que 55 % des filles font l’objet de sanctions ou de punitions dans l’exercice de leurs tâches quotidiennes, dont 10 % sont battues. La majorité, soit environ 86 %, fait l’objet de réprimandes (injures, etc). Et 4,2 % des filles domestiques ont déclaré avoir subi des abus sexuels de la part de leurs employeurs, et ont changé de ménage après cet acte.
Il est à souligner dans ce cadre que depuis quelques années, le Maroc commence à se préoccuper du devenir de l’enfance. Et il a ratifié plusieurs conventions. La Princesse Lalla Meriem s’est investie personnellement dans le domaine pour le soutien et l’encouragement des pouvoirs publics, des organisations et des associations qui oeuvrent pour la promotion des droits de l’enfance de manière générale et des petites filles bonnes en particulier.

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