«3.000 observateurs pour les élections, c’est excessif»

«3.000 observateurs pour les élections, c’est excessif»

ALM : Vous venez d’être officiellement désigné pour l’observation des législatives de 2007. En quoi consistera exactement votre rôle ?
Ahmed Herzenni : Notre rôle se divise en deux parties. La première partie consistera en une observation directe de la part du CCDH. Une centaine de personnes ont été formées à cette tâche, elles seront prochainement affectées à l’observation des bureaux de vote centraux. Parmi les objectifs de cette opération, figurent l’apprentissage et l’acquisition d’expérience dans le domaine de l’observation des élections. Nous allons également suivre la presse, les médias audiovisuels et autres supports médiatiques avec l’aide de la HACA (Haute autorité de la communication audiovisuelle). Nous allons aussi être en contact avec les départements de la Justice et de l’Intérieur pour recueillir les plaintes qui vont s’exprimer.

Qu’en est-il du deuxième volet de votre tâche ?
En ce qui concerne ce deuxième volet, il consistera à coordonner les contributions des autres observateurs, nationaux et internationaux compris. Sur le plan international, notre partenaire direct sera le National democratic institut (NDI). Cet Institut, représenté à Rabat, prendra en charge le financement de la mission des observateurs, sachant que le pays-hôte ne peut être source de financement. Il y avait d’autres parties internationales qui voulaient participer à l’observation du scrutin, mais elles se sont excusées en raison de la longueur de leur procédure. Le NDI, lui, a dépêché une délégation depuis quelques jours au Maroc dans le but d’établir un rapport sur les conditions dans lesquelles se prépare le scrutin. Cette délégation a pris contact avec le ministère de l’Intérieur, le CCDH, les partis politiques, le tissu associatif …
Maintenant, pour ce qui est de l’observation civile marocaine, le CCDH aura comme partenaire direct le Collectif associatif pour l’observation des élections, qui a participé à l’observation du scrutin de 2002. Nous allons donc essayer de mettre à profit l’expérience et le savoir-faire de nos partenaires nationaux.

Que pensez-vous du nombre d’observateurs annoncés ? Le chiffre de 3000 personnes n’est-il pas excessif ?
C’est un nombre excessif. Ce n’est pas nécessaire pour l’observation des élections. Nous souhaiterions que ce nombre soit réduit.  

En cas de fraude électorale, que pourra faire le CCDH ? Votre mission vous permettra-t-elle de prendre des mesures dissuasives ?
En cas de fraude, il y a le recours à la justice. Les gens qui s’estiment lésés n’ont qu’à se présenter devant la justice pour obtenir réparation. Le rôle du CCDH, lui, sera de noter et de signaler les violations à qui de droit. Mais évidemment, le CCDH va se comporter en tant qu’observateur. Notre rôle, voyez-vous, n’est pas dissuasif, il consiste uniquement à observer et signaler les cas de fraude.

Comment définiriez-vous l’observation en matière d’élections ?
L’observation, ce n’est pas le contrôle, ni l’intervention à aucun stade du processus électoral. Notre tâche consiste à suivre le processus électoral, à relever les points faibles et éventuellement les points forts, comme le stipule d’ailleurs le code international de conduite des observateurs. Il faut préciser que l’observation doit se faire dans le strict respect des lois en vigueur dans les différents pays.

Où commencera et où finira la mission qui échoit au CCDH ?
Cela englobera tout le processus électoral, dont la pré-campagne, la campagne, le jour du scrutin, et la période post-électorale.

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