33% des Marocaines ménopausées atteintes d’ostéoporose

33% des Marocaines ménopausées atteintes d’ostéoporose

L’ostéoporose caractérisée par une diminution de la masse osseuse et une détérioration de la microarchitecture du tissu osseux touche 35% des Marocaines de plus de 50 ans et 60% chez les plus de 60 ans. Et la fréquence de cette maladie sera amenée à augmenter durant les prochaines années. En 2030, le Haut commissariat au Plan (HCP) estime que plus de 30% de la population marocaine aura plus de 65 ans. Ce pourcentage de la population risque une fracture ostéoporotique. Pour faire le point sur cette maladie silencieuse, la Société marocaine de rhumatologie (SMR) a organisé une rencontre jeudi 13 mai à Casablanca. L’ostéoporose est une maladie qui touche surtout les femmes après la ménopause. «33% des femmes ménopausées sont atteintes d’ostéoporose au Maroc» précise Dr Saloua Larhrissi Aboudrar, présidente de la SMR. L’ostéoporose ne s’accompagne habituellement d’aucun signe. Sa présence majore très sensiblement le risque de fracture. Une femme sur deux de plus de 50 ans fera une fracture liée à l’ostéoporose. Et au-delà de 65 ans, un homme sur cinq aura une fracture vertébrale. Les sites habituels des fractures ostéoporotiques sont le poignet, la colonne vertébrale et plus tardivement, le col fémoral. La fracture du poignet est fréquente chez la femme de plus de 50 ans. Elle survient précocement et est considérée comme un signal d’alarme. Les complications ne sont pas rares (algodystrophie, raideur résiduelle…) et la récupération fonctionnelle peut être incomplète. La fracture vertébrale reste la fracture ostéoporotique la plus fréquente. Elle peut survenir même en l’absence de traumatisme important. Elle engendre habituellement des douleurs intenses dans le dos qui peuvent évoluer vers une douleur moins intense sur un mode chronique. Plus rarement les tassements peuvent être insidieux et ne se manifester que par la perte de taille et la cyphose dorsale secondaire. La complication la plus redoutable est la fracture du col fémoral. «Cette fracture est très grave, entraînant une mortalité de 20 % dans l’année qui suit», souligne la présidente de la SMR.A noter que dans ce cas précis, la rééducation ne parvient pas à éviter une perte d’autonomie dans près de la moitié des cas. L’âge avancé, la maigreur, une fracture du col du fémur chez un parent proche, la consommation excessive de tabac, d’alcool, de café, la carence en vitamine D, la sédentarité, la ménopause précoce, le déficit des hormones sexuelles figurent parmi les principaux facteurs de risque. Mais il faut également être vigilant vis- à- vis de la prise de certains médicaments : les corticoïdes, les hormones thyroïdiennes, les héparines quand ils sont pris depuis longtemps. A noter que certaines maladies peuvent créer les conditions favorables à la survenue d’une ostéoporose notamment les maladies endocriniennes (l’hyperthyroïdie, le diabète), les maladies digestives avec les pancréatites, les cirrhoses hépatiques, les rhumatismes inflammatoires (polyarthrite rhumatoïde). Avant la survenue d’une fracture, l’ostéoporose peut être détectée grâce à l’ostéodensitométrie qui est un examen simple, rapide, sans danger et surtout très précis. Malgré les traitements médicamenteux, le Dr Larhrissi Aboudrar recommande plusieurs mesures hygiéno-diététiques. «Il faut consommer de la vitamine D qui favorise l’assimilation et la fixation du calcium sur l’os. Cependant 95% des Marocaines ont une carence en vitamine D. La tendance à se protéger du soleil et les coutumes vestimentaires expliqueraient cette situation». La pratique d’une activité physique régulière, le sevrage tabagique, la diminution de la consommation d’alcool ainsi que la maîtrise du poids sont indispensables dans le traitement non médicamenteux de l’ostéoporose.

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