40% des cas d’infertilité touchent les deux conjoints

40% des cas d’infertilité touchent les deux conjoints

Seulement 19 centres d’assistance médicale à la procréation au Maroc

Outre les 15% de couples marocains qui souffrent d’infertilité, ce sont 30% des cas qui sont représentés par les épouses et 40% par les deux conjoints. Ces chiffres, qui demeurent énormes, sont ressortis, samedi à Rabat, par le DG de l’Anam qui précise que le Maroc dispose de «19 centres d’assistance médicale à la procréation où la tentative de procréation coûte 20.000 à 30.000 DH». «Dans le centre du quartier les Orangers à Rabat, le coût de la tentative de procréation va de 4.000 à 15.000 DH», enchaîne Jilali Hazim, qui s’exprime lors du colloque national consacré à l’assistance médicale à la procréation initié par la Société marocaine des sciences médicales, en appelant à ériger la procréation en «problème de santé publique».

Des tarifs forfaitaires pour les médicaments 

Comme le précise M. Hazim, certains médicaments destinés au traitement de la procréation «ne sont pas remboursables». Dans ce sens, une étude est déjà réalisée, selon ses propos, pour supporter les frais. L’objectif de cette étude étant de «réviser le classement des interventions médicales afin de les intégrer dans le remboursement». Cependant, cette démarche de révision prend 12 à 18 mois. «En attendant, l’Anam a veillé à fixer des tarifs forfaitaires pour les médicaments», poursuit M. Hazim qui rappelle que des projets de conventions sont adressés à tous les intervenants pour visa lors de l’année en cours. Ceci étant, la procréation est régie par un texte juridique qui demeure, aux yeux des intervenants, incomplet.   

Mise à jour du projet de loi 47-14

Ce cadre juridique qui remonte à 2013 a été, selon El Houcine Maâouni, président de l’Ordre national des médecins, approuvé en avril 2016 au Conseil de gouvernement et soumis au Parlement. «Nous observons que ce projet de loi n’a pas tenu compte des remarques formulées par les associations», martèle-t-il en estimant que l’assistance médicale à la procréation a connu un progrès de par le monde, ce qui n’est pas le cas au Maroc. «L’objectif de ce colloque est de mettre à jour le texte juridique», précise M. Maâouni dont les propos ont trouvé un certain écho chez le secrétaire général du ministère de la justice et des libertés. Selon Abdelilah Lahkim Bennani, ce projet de loi est ainsi destiné à «combler le vide et délimiter l’intervention médicale pour l’assistance à la procréation».  Comme le rappelle le secrétaire général, ce cadre juridique régit cette assistance par des précautions, voire des garanties à travers la médecine et l’accompagnement de la justice au niveau de la présidence du tribunal. Ledit projet de loi fixe également les contraventions, voire les crimes liés à l’assistance à la procréation, ainsi que les peines d’emprisonnement allant jusqu’à 20 ans assorties d’amendes. «Ce sont les valeurs de la pratique médicale qui sont censées encadrer l’application de cette loi et non seulement la réprimander», estime M. Bennani. Dans ce sens, le président de la Société marocaine des sciences médicales, Said Moutouakkil, a formulé la recommandation de créer un «conseil national d’éthique médicale».    

    Couverture médicale, le principal obstacle

C’est l’une des recommandations exprimées par les intervenants dans le domaine. «Les couples avaient l’espoir de bénéficier de la couverture médicale», détaille Youssef Idrissi Kaitouni, président de l’Ordre des pharmaciens biologistes, qui trouve désolant le fait de ne pas intégrer cette observation adressée au Conseil de gouvernement parmi celles formulées par les professionnels. Cette couverture médicale, voire celle géographique, est réitérée par le secrétaire général du Collège marocain de fertilité, Abdelouahab Bachouchi, qui évoque également le volet religieux.

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