8 mars : Le printemps des femmes

8 mars : Le printemps des femmes

ALM : Demain, le Maroc à l’instar des autres pays célébrera la Journée internationale de la femme. Quel bilan faites-vous de la condition de la femme après une année de l’entrée en vigueur de la nouvelle mouture de la Moudawana ?
Najat Mjid : La Moudawana n’est qu’un premier pas. Il ne faut pas penser que ce nouveau texte est une finalité en soi. On est loin de notre objectif essentiel, à savoir ne plus traiter la femme marocaine en éternelle mineure.
C’est vrai, cette nouvelle mouture de la Moudawana a permis à la femme marocaine de mener son bonhomme de chemin vers une société avec moins de discrimination et d’exaction. Il faut également cesser de parler des droits de la femme à sa place.
La femme doit arriver à se prendre entièrement en charge. Elle doit surtout connaître ses droits et ses devoirs.
Avec la nouvelle mouture de la Moudawana, les droits de la femme marocaine ont évolué d’une manière, plus ou moins, substantielle. Comment a-t-elle vécu ce changement ?
Pour connaître la femme marocaine, son quotidien, ses problèmes et ses défis, il faut absolument quitter l’axe Rabat- Casablanca. Le Maroc compte, en fait, deux catégories majeures de femmes et c’est ce que nous avons tenu à montrer avec l’organisation de cette édition de Khmissa qui a rendu hommage à cinq femmes brillantes dans divers domaines.
Premièrement, il s’agit des femmes qui sont complètement inconnues au bataillon, vivant dans des contrées lointaines avec des moyens de bord.
La deuxième catégorie compte des femmes surdiplômées et menant une vie à l’antipode de ces premières femmes. Khmissa a honoré, cette année, des femmes qui travaillent en silence pour le développement du pays. Il y a des femmes rurales qui ont pu, avec peu de moyens, mettre sur pied de sérieux projets. Avec courage et détermination, ces femmes sont arrivées à créer des coopératives, et ce en luttant fermement contre tous les obstacles qui se sont dressés contre elles. La nouvelle mouture de la Moudawana est certes un grand pas pour la femme, mais il ne suffit pas seulement de rédiger des textes. Il faut voir comment ces lois sont appliquées sur le terrain!
Comment ces nouvelles lois sont-elles appliquées sur le terrain ?
La femme marocaine a désormais des acquis qui ont été dictés par la nouvelle Moudawana.
Et des acquis, il y en a beaucoup. Mais cela n’est pas encore suffisant pour parler d’une grande révolution en matière des droits de la femme. Ces acquis, il faut les pérenniser à travers un combat quotidien. L’application des nouvelles lois sur le terrain se heurte à plusieurs obstacles. Il y a par exemple des juges qui n’appliquent que ce qu’ils veulent, en fonction de la mentalité de chacun d’eux.
Les exactions au niveau de l’application de cette nouvelle Moudawana sont nombreuses et il faut les dénoncer. Mais, cela ne se fera pas du jour au lendemain.
Le texte de la Moudawana est compréhensible seulement pour une partie précise de la population marocaine. Quelle action suggérez-vous pour vulgariser ce texte ?
Il y a un déficit au niveau de l’information concernant la nouvelle mouture de la Moudawana. La vulgarisation de ces textes est une opération qui doit normalement mobiliser les médias, les ONG et même les autorités locales. Il faut également penser à la formation des femmes, et ce en prenant en considération les spécificités de chaque région.

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