A bâtons rompus avec Boutaleb

Comment la pensée est appelée à opérer au niveau de la pensée politique marocaine ? Pourquoi l’histoire politique moderne n’a pas été écrite jusqu’à nos jours ? Comment concilier action politique et production scientifique ? Et qu’attend le monde contemporain du nouvel ordre mondial conduit sous l’égide des Etats-Unis d’Amérique ?
Ces questions et d’autres seront posées à Brahim Boutaleb, l’invité de l’émission culturelle «Madarate» (Horizons) de la première chaîne de télévision marocaine, RTM, présentée par l’universitaire Noureddine Afaya, auteur du livre « l’Islam dans l’imaginaire de l’Occident».
L’émission de ce soir revêt, donc, une importance particulière dans le paysage médiatique marocain, dans la mesure où il s’agit d’un témoignage qui couvre les événements qu’a connus le Maroc depuis un demi-siècle. M. Boutaleb a adhéré au Mouvement national issu du salafisme marocain mais marqué par les exigences des temps modernes. Ensuite, il a adhéré à « Al Haraka Al Qawmiya» ( Mouvement panarabe), avant de rejoindre le PDI (Parti de la démocratie et de l’istiqlal), dont le chef charismatique, Mohamed Belhassane El Ouazzani, est considéré comme l’un des fondateurs principaux du noyau du libéralisme politique marocain.
En janvier 1959, il participe, en compagnie de Mehdi Benbarka, Mahjoub Benseddik, Mohamed Fkih Basri et Abdellah Ibrahim, à la création de l’UNFP (Union nationale des forces populaires). Un parti qui se voulait, à l’époque, l’expression de toutes les forces nationales sans appartenance partisane. Le congrès constitutif se tint sous le signe : « Plus de parti, à partir d’aujourd’hui ».
Une année plus tard, il quitte cette formation politique et en 1963 il contribue à la fondation du FDIC ( Front de défense des institutions constitutionnelles), dont le nom est étroitement lié à son initiateur principal, feu Ahmed Réda Guédira. Grosso modo, durant les quatre dernières décennies, Abdelhadi Boutaleb s’est distingué comme étant l’un des grands commis de l’Etat. A ce titre, il a assumé plusieurs hautes responsabilités, notamment au niveau des ministères de la Justice, l’Enseignement et les Affaires étrangères, et en tant que président du Parlement et conseiller de feu S.M. Hassan II. Mais, abstraction faite de ces responsabilités, il s’est distingué par ses positions qui n’ont pas toujours été conformes aux visées sécuritaires de certains milieux de l’Etat. Dans cet ordre, il est allé jusqu’à déclarer ses réserves à propos de l’état d’exception décrété le 7 juin 1965.
Outre ses activités politiques, M. Boutaleb est également un spécialiste en matière de théologie. Un statut qui lui permet d’apporter de précieux avis en ce qui concerne le débat en cours sur la réforme du statut personnel. Par ailleurs, au cours de cette émission, l’invité est appelé à faire part des différents types de gestion du pouvoir et des groupes qui agissent en marge de la société politique légale.
Un événement qui promet à plus d’un niveau.

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