À la conquête du marché irakien

Le secrétaire d’État chargé du Commerce extérieur, Abdelkrim Benatik, a fait un exposé, lors du conseil du gouvernement du 24 janvier, sur le voyage qu’il a effectué en Irak en compagnie d’une mission d’hommes d’affaires marocains du 14 au 18 janvier.
Un voyage jugé concluant, puisque les chefs d’entreprise nationaux ont signé des contrats pour quelque 250 millions de dollars. Le Maroc a été absent du programme des Nations Unies «nourriture contre pétrole» jusqu’en 1998. Le retour en force du pays s’est opéré dès lors avec quatre missions effectuées jusqu’ici à Baghdad, deux conduites par le ministre Mustapha Mansouri et les deux autres par le titulaire actuel du portefeuille du Commerce extérieur, Abdelkrim Benatik. Il fallait d’autant plus être présent que le marché irakien, malgré l’embargo qui frappe ce pays depuis 1990, offre dans le cadre du programme onusien des opportunités d’affaires non négligeables : quelque chose comme 6 milliards de dollars tous les six mois.
Certains pays arabes, qui ont vite compris tout l’intérêt qu’ils peuvent tirer pour leurs économies respectives, ont pris les devants : l’Égypte se taille la part du lion avec 3 milliards de dollars, suivie de la Jordanie ( 1,3 milliards), de la Syrie (1,3 milliards), de la Tunisie (835 millions de dollars), de l’Algérie (567 millions). Le Maroc, lui arrive en bas du tableau avec 468 millions de dollars. Or, contrairement au Maroc, tous ces pays arabes ont signé avec l’Irak un accord de libre-échange. Il y a une raison à cela, Rabat, qui hésite sur l’attitude à prendre à cet égard compte tenu de l’affaire du Sahara marocain, ne veut pas irriter l’ONU en s’engageant trop sur le marché irakien. Toujours est-il que le Maroc a la possibilité de recourir à l’article 50 de la Charte des Nations Unies qui donne la possibilité, sous forme de dérogation, à tout pays tiers de traiter sur le plan économique avec un autre État frappé d’embargo.
Le Premier ministre Abderrah-mane Youssoufi a pris l’enaggement lors du conseil du gouvernement de réserver un “traitement spécial“ au dossier irakien, conscient qu’il est qu’une partie de l’économie nationale dépend du marché irakien.
La prochaine réunion mixte maroco-irakienne, qui se tiendra prochainement à Rabat, sera l’occasion d’explorer davantage les voies pour développer les échanges commerciaux entre les deux parties.

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