À la croisée des chemins

Pour Jean-Louis Sarbib, vice-président de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord de la Banque mondiale, « le Maroc vit actuellement une double transition, économique et politique et que deux défis majeurs le guettent aujourd’hui, à savoir, la pauvreté et le chômage. Le conférencier, qui a fait état d’une baisse du taux de croissance dans les années 90, a indiqué que cette situation s’est traduite par un progrès lent des revenus individuels et l’augmentation du nombre des pauvres, ajoutant toutefois qu’un progrès a été réalisé dans le domaine social, notamment en matière d’accès aux soins médicaux, de scolarisation des filles dans les zones rurales etc… L’orateur a souligné que hormis les télécommunications, il y a très peu d’investissements directs étrangers au Maroc, alors que les PME résistent au changement, a ajouté Sarbib, soulignant le manque de réforme de la Fonction publique, dont les salaires représentant 12,5 pc du produit intérieur brut constituent un fardeau immense pour l’économie. Dans son intervention, William Zartman, professeur à l’université John Hopkins, grand connaisseur de la politique marocaine, puisqu’étant ancien universitaire au Maroc et politologue ayant écrit plusieurs articles et ouvrages sur le champ politique marocain, a estimé que peut-être, les prochaines élections constitueront une «croisée des chemins» concernant un vote libre et une chance pour les partis politiques de relever les défis auxquels ils font face. Selon Zartman, les perspectives des élections qui se dessinent actuellement ne sont pas brillantes, les partis politiques maintiennent leur habitude de division, ce qui entraîne la formation de gouvernement de coalition et empêche la formation d’une majorité solide et pragmatique. Evoquant la politique étrangère du Maroc en rapport avec la question afghane et les incidents du 11 septembre, Zartman a souligné que le problème intégriste est minime au Maroc. Evoquant la question du Sahara et le plan de l’ancien secrétaire d’Etat James Baker, le pr. Zartman a relevé que l’Algérie, qui a contribué à instaurer la paix dans la corne de l’Afrique, a une grande opportunité à établir la paix dans sa propre région en acceptant une offre qui permet de mettre fin à la situation d’instabilité. Traitant de questions relatives aux droits politiques et civils, de la liberté d’expression, de prisonniers politiques, de rassemblements, Ricky Goldstein, directeur de recherches de l’organisation Human Rights Watch Goldstein a indiqué qu’il y a «moins de prisonniers politiques aujourd’hui que par le passé, il n’y a plus de disparitions»’, notant que les journaux sont libres alors que quelques-uns ont été saisis dernièrement. Les criminels de droit commun sont parfois battus, mais la torture brutale des dissidents est rare ou non existante, a ajouté Goldstein poursuivant que  »Tazmamart a été fermée, les prisonniers politiques ont été libérés… ». Enfin, intervenant lors du débat, James Bednar, directeur de l’USAID-Maroc, a salué les réformes et les changements intervenus au Maroc, invitant l’audience à réfléchir sur la question du verre à moitié plein, eu égards aux résultats importants réalisés dans les domaines politiques, sociaux et économiques.

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