A l’heure des examens

Cahiers, polycopies et livres en main. C’est la période de préparation des examens. Dans tous les parcs de Casablanca, ceux de la Ligue arabe, de Murdoch à Derb Soltane, de Sindbad à Aïn Diab; sur la corniche et les plages; sur les grandes places Ben M’sik, Sidi Othmane, Bernoussi, ils sont là, étudiantes et étudiants. Ils préparent leurs examens, absorbés par les textes à apprendre par coeur, les sujets à étudier ou les thèmes à développer.
Il faut les voir en train de réviser dans la rue, en groupe ou individuellement, à l’ombre d’un arbre, sur un banc ou une pelouse de jardin, partout, là où il y a un espace, la verdure, l’ombre et le calme. Le phénomène est pratiquement le même dans les autres villes du pays, Fès, Rabat, Marrakech, Agadir Tétouan, Mohammédia, Settat, El Jadida, Béni Mellal, dotées de Facultés et d’une Université. Cela revient à dire qu’ils ne se sentent pas à l’aise à l’intérieur des universités ou dans une bibliothèque universitaire. Ces étudiants sont livrés à eux-mêmes, sans encadrement et sans conseils.
Certains, en raison de l’éloignement des Facultés et les problèmes de transport, n’ont pas de programmes. Ils se réfèrent à leurs condisciples et procèdent uniquement par des photocopies. Ceux, inscrits dans certaines branches, font le va et le vient de la rue, en avalant des textes entiers en vue de les restituer intégralement le jour de l’examen. Cela fait que ces étudiants accordent une importance démesurée à l’examen au détriment d’une maîtrise profonde des connaissances. Il suffit de les voir pour comprendre qu’ils ont été condamnés à la mémorisation. Ce qui pousse à dire qu’il y a quelque chose qui ne va pas dans le bon sens au sein de l’université et entre celle-ci et l’étudiant. Nawal Bani, étudiante en première année, section anglaise à la Faculté de Mohammédia, souligne que « les lieux où il y a la verdure et l’ombre constituent un espace de soulagement pour nous. Dans la bibliothèque de la Faculté, il faut se réveiller tôt le matin pour pouvoir trouver une place, en plus du dérangement dû essentiellement au nombre élevé des étudiants qui circulent à l’intérieur de la salle en vue de s’installer. Le programme est trop chargé et c’est à nous, les étudiants, de voir comment s’en sortir.
Dans certains cas, on mise sur certains chapitres et l’on tente notre chance ». Dans le même sens, ajoute Anas Amrani, deuxième année droit à Casablanca, « la nature est le seul espace pour les étudiants ayant des conditions sociales difficiles. Ils ne peuvent pas travailler chez eux dans un petit espace et au milieu d’une famille nombreuse. Ceux, qui disposent de moyens, vont dans des cafés et des salons de thé ».
Il faut dire dans ce cadre que l’absence de l’outil informatique des bibliothèques de nos Facultés complique la tâche de la recherche des étudiants, notamment le choix des livres et de documents. Cet état de choses montre aisément pourquoi le niveau de notre enseignement est bas et surtout pourquoi cette inadéquation de l’enseignement universitaire avec le marché de travail.

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