Abadi : «Le secteur a besoin de modélistes»

Abadi : «Le secteur a besoin de modélistes»

ALM : En tant que présidente de la Fédération de la couture traditionnelle, quel regard portez-vous sur la formation qui existe au Maroc en matière de stylisme ?
Najia Abadi : Je pense que les formations dispensées dans les écoles de stylisme ne sont pas suffisantes. Les étudiants devraient avoir accès à davantage de stages pour pratiquer le stylisme et non se contenter uniquement des cours théoriques. Ils doivent aller sur le terrain et travailler aux côtés des créateurs confirmés. C’est de cette manière qu’ils peuvent se perfectionner. L’idéal ce serait d’intégrer dans le cursus scolaire des stages tous les deux mois.

Quel serait, selon vous, le type de formation idéal dans le contexte actuel ?
Les étudiants en stylisme ne sont pas assez motivés. Il faudrait les encourager en créant des bourses de mérite et les envoyer effectuer des stages à l’étranger. L’histoire de la mode en Egypte et en Mésopotamie, c’est intéressant, les types de tissus et leurs provenances, c’est également utile mais l’étudiant ne peut pas se contenter de ces connaissances. Il faut concrétiser le type de formation en donnant l’occasion au jeune styliste de pratiquer. En plus de cela, on remarque qu’il y a une réelle carence en matière de modélisme. Il est vrai que même en France, les modélistes sont en voie de disparition et que les maisons de haute couture recherchent ce type de profil. La formation au Maroc doit donner de l’importance à cette technique et la valoriser. Un bon styliste ne peut pas passer directement au dessin sur le patron. Avant cela il faudrait, le passer au moule et l’ajuster sur un mannequin en bois. Un styliste doit savoir réaliser les modèles.

Quelles sont les autres défaillances qui existent dans le secteur du stylisme au Maroc ?
Le stylisme est en train de se développer d’une excellente manière au Maroc. Les créateurs formés dans les écoles de stylisme entreprennent plusieurs efforts. Ils participent à des défilés aussi bien au Maroc qu’a l’étranger. Cependant, il existe toujours des failles auxquelles il faudrait mettre fin. A titre d’exemple, le plagiat est le fléau n°1 du stylisme dans notre pays. Au sein de la fédération, nous sommes en train de  travailler activement sur une charte déontologique que nous allons rendre publique au mois de juin.  Un séminaire sur la question sera également organisé pour essayer de discuter des problèmes de ce secteur.

La Fédération de couture traditionnelle marocaine prévoit –elle des ateliers de formation ?
Notre institution a pour objectif de régulariser le secteur. Mais cela n’empêche que nous établissons un calendrier d’évènements. En plus des débats et des séminaires, nous comptons animer des ateliers de perfectionnement. C’est une façon de permettre à nos stylistes d’adapter leurs créations aux normes internationales. Nous pensons intégrer un atelier de moulage pour faire face aux carences existantes en la matière.

Les membres du bureau de la fédération

• Présidente fondatrice : Najia Abadi
• Vice-président : Samir Bensouda
• Secrétaire générale : Samia Berrada
• Trésorier général : Saadia Abbadi
• Trésorière adjointe : Khadija Essadki
• Doyenne de la fédération : Fadila Berrada
• Responsables relations publiques:  
   Zahra Yaagoubi et Lahoucine Aït El Mehdi
• Ambassadrice du caftan à l’international: Kawtar Souny Benabdellah

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