Abattoirs new look

Le transfert aux nouveaux abattoirs, installés dans la Commune urbaine de Sidi Othmane, se prépare dans de «bonnes conditions», assure le président de la Communauté Urbaine de Casablanca, Saâd Abassi. Ce dernier a affirmé que ce transfert «ne se fera jamais au détriment des employés des anciens abattoirs».
Dans ce cadre, souligne M. Abassi, «380 ouvriers exerceront dans les nouveaux abattoirs après une formation qui va leur permettre de bien manipuler les équipements de pointe dont sont équipés les nouveaux locaux». Et d’ajouter que la Communauté Urbaine de Casablanca s’arrangera avec les associations et les représentants des ouvriers et chevillards en vue de trouver une occupation pour les autres.
Lors de la signature du contrat de gestion et d’exploitation des nouveaux abattoirs, entre la Communauté urbaine de Casablanca et la société espagnole Vizcaino Gypisa Bejar Maroc, le président de la Communauté urbaine, avait assuré publiquement les professionnels que le transfert s’effectuera sans dégâts, A l’heure où nous mettons sous presse, les choses se corsent encore davantage. Jeudi matin, un grand rassemblement a eu lieu devant les anciens abattoirs en guise de protestation. L’abattage n’a pas eu lieu ce matin qui était censé être le dernier avant le transfert vers les nouveaux locaux. Une petite grève en quelque sorte. Abordant un groupe de protestataires, il s’est avéré qu’il existe encore des points de discorde.
Le système de pesage ne sera plus le même. Les bêtes assujetties à l’abattage sont soumises en principe à une taxe de 2,50 dh par tête. Dans les nouveaux abattoirs, la taxe a doublé. 5 dh par tête, et si les affaires marchent comme prévu, une éventuelle réduction serait envisageable, selon les services de la Wilaya. Une réduction dérisoire disent les professionnels ; de 5 dh on passera à 4,80 !! Plus encore, avancent les services de la Wilaya, si tout ne se passe pas comme prévu, ce sera 5,50.
Les professionnels soulignent que les 380 postes qu’offrent les nouveaux locaux ne représentent qu’à peine la moitié de l’effectif actuel des anciens abattoirs. Entre temps, il est prévu que les exclus seront récupérés par la promotion nationale et les communes de la région Casablanca. Cependant une enquête menée dans ce sens, révèle que l’effectif des personnes travaillant actuellement dans les anciens abattoirs est de 590, soit 240 entrepreneurs et 350 ouvriers. Cela va sans parler des ouvriers occasionnels, membres des familles ou proches de certains professionnels. L’enquête précise également que sur les 240 entrepreneurs, 19 % ont 40 ans, soit 45 personnes, 32 % ont atteint l’âge de 50 ans et 49 % ont dépassé la cinquantaine. Pour les ouvriers, la même enquête révèle que 77,17 % des ouvriers ont 40 ans, 17 % ont atteint l’âge de 50 ans et 5 % ont dépassé l’âge de la cinquantaine.
En novembre dernier, le wali du grand Casablanca, Driss Benhima, avait fait savoir que tous les problèmes sociaux de ce transfert seront abordés dans le cadre d’une commission qui réunit les opérateurs du secteur, chevillards, entrepreneurs d’abattage, transporteurs, bouchers, tripiers et autorités locales.
Il est à souligner que le contrat avec Vizcaino Gypisa Bejar Maroc a introduit certains concepts nouveaux. La durée du contrat est fixée à cinq ans seulement, le temps que la ville dispose de l’expérience nécessaire dans le domaine. Ce qui lui permettra d’améliorer encore les clauses du contrat. En outre, l’abattage est considéré comme un service public. Ce qui impose des responsabilités strictes, car l’accord n’est plus seulement commercial. La Communauté urbaine de Casablanca a le droit de regard et d’intervenir en cas de mauvaise gestion comme elle a procédé dans le cas de la gestion, par certaines sociétés privées, des espaces de jeux et de divertissement. la capitale économique avait certes besoin de ces nouveaux locaux pour accompagner l’évolution démographique de la ville. Encore plus pour mettre un terme aux problèmes de la salubrité provoqués par les anciens abattoirs, et aux difficultés d’approvisionnement de la ville, engendrant l’abattage clandestin. Seulement, le problème n’est pas tout à fait réglé.

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