Abdelbari Zemzmi : «L’inégalité est due au poids de la responsabilité des hommes»

Abdelbari Zemzmi : «L’inégalité est due au poids de la responsabilité des hommes»

ALM : Une ONG marocaine vient de revendiquer l’égalité entre hommes et femmes en fait d’héritage. Que dit la Charia à ce sujet?
Abdelbari Zemzmi : Les revendications de cette ONG ne sont pas claires. Mais s’il s’avère qu’elle revendique l’égalité entre homme et femme en matière d’héritage, elle serait en contradiction flagrante avec les versets 11 et 176 de la 4ème  sourate du Coran. Ces deux versets ne souffrent d’aucune équivoque.
Et la jurisprudence n’a pas lieu d’être dans ce cas précis. Ceux qui veulent le contraire, s’opposent à la volonté divine. Comme ce qu’a fait Satan lorsqu’il a désobéi à Allah en refusant de se prosterner devant Adam. S’il s’agit d’une non compréhension de la Charia, on peut alors le tolérer.
Mais comment alors peut-on justifier le fait que des professeurs universitaires appellent au changement de la date du pèlerinage ? Ils demandent que le pèlerinage se fasse deux fois par an au lieu d’une. Un jour on peut s’attendre, qui sait?,  à ce que des voix se lèvent pour demander l’accomplissement de la prière trois ou quatre fois par jour au lieu de cinq !

Quelle est la raison pour laquelle l’homme hérite d’une part deux fois plus élevée ?
Il est vrai qu’en règle générale, la femme hérite d’une part deux fois moindre que celle de l’homme. Mais ceci s’explique par le fait qu’en Islam, la femme n’a aucune obligation financière. Cette responsabilité repose entièrement sur les épaules de l’homme. L’Islam donne à l’homme la responsabilité de subvenir aux besoins de sa famille. Afin qu’il puisse s’acquitter de ce devoir, l’homme reçoit une part d’héritage deux fois plus élevée. Tandis que la femme fait de son héritage ce que bon lui semble. L’inégalité en héritage est donc due aux charges financières des pères de familles

Il se trouve des cas où l’on parle de «Attaâssib». Que signifie exactement ce terme ?
L’héritage par voie de «Attaâssib» se fait dans trois cas. Les héritiers dits «Assaba» par eux-mêmes. Il faut entendre par ceux-là les héritiers de sexe masculin, qui sont proches parents du défunt, et qui ne sont pas séparés par une personne de sexe féminin. Les héritiers «asseb» par autrui. Cela implique toute personne de sexe féminin bénéficiaire qui acquiert la qualité de « asseb » par l’existence d’une personne de sexe masculin. Dans ce cas, elle hérite selon la règle « la part de l’héritier est le double de celle de l’héritière». Et enfin, les héritières « asseb » avec autrui, qui concernent toute personne de sexe féminin qui acquiert la qualité de « asseb » en concourrant avec une autre.

Des voix se lèvent pour revendiquer l’égalité entre homme et femme en matière de «Attaâssib». Qu’en pensez vous ?
S’agissant de l’égalité entre femme et homme en matière de «Attaâssib», la Charia est claire. Lorsque le défunt laisse son frère, sa femme et sa fille, sa femme prend le 1/8, la fille 1/2 et le frère prend ce qu’il reste. Donc, elle hérite de la moitié et ne pourra pas être « asseb »  et empêcher par conséquent son oncle d’hériter. Le cas où on peut réexaminer la question de l’égalité entre la femme et l’homme, se présente lorsque le défunt meurt et laisse uniquement ses neveux et ses nièces. Dans ce cas, seulement les neveux héritent. Puisque le Coran n’a pas tranché à ce sujet, on peut alors faire preuve de jurisprudence. L’effort jurisprudentiel est acceptable, mais uniquement là où le Coran n’a pas tranché.

Y a-t-il des cas où la femme hérite d’une part deux fois plus élevée que celle d’un homme?
Il est vrai que dans la majorité des cas, la part d’héritage de la femme est à moitié moins que celle de l’homme. Cependant, il se trouve des situations où la femme hérite de la même part d’un homme. Ce cas se présente, par exemple, lorsqu’une personne décède et laisse des enfants, ses deux parents reçoivent une part égale. Ils héritent chacun d’un sixième. Dans certains cas, une femme peut parfois hériter d’une part deux fois plus élevée que celle d’un homme. En effet, si la personne décédée est une femme qui n’a laissé ni enfants, ni frères, ni soeurs et que seuls son mari, son père et sa mère lui survivent, son mari hérite de la moitié de ses biens tandis que sa mère hérite du tiers et son père, d’un sixième. Dans ce cas particulier, la mère hérite d’une part deux fois plus élevée que celle du père.

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *