Abdelkarim Benatik : «Le rassemblement contre la hausse des prix n’est pas électoraliste»

Abdelkarim Benatik : «Le rassemblement contre la hausse des prix n’est pas électoraliste»

ALM : Le Parti travailliste s’investit davantage ces derniers jours sur le terrain social. Le rassemblement que vous organiserez à Rabat contre le renchérissement de la vie ne cache-t-il pas des enjeux plutôt électoraux ? 
Abdelkarim Benatik : Au contraire, nous considérons que l’encadrement fait partie de notre responsabilité en tant que parti. Nous devons certes encadrer politiquement, mais nous devons également être présents dans la vie sociale. Nous ne pouvons pas nous permettre d’être présents uniquement lors des élections. Pour ce faire, nous défendons notre droit à l’encadrement social. Et plus qu’un droit, notre présence sur le front social est un devoir. Nous considérons que toute formation politique qui assure ses responsabilités doit être présente sur tous les fronts, entre autres le front social. Sans oublier bien évidemment notre rôle dans le recrutement et la formation des citoyens. Nous estimons que les partis politiques doivent assumer leurs rôles en menant un travail de proximité.     

Le rassemblement peut-il se justifier en présence du dialogue social qui se poursuit entre le gouvernement et les syndicats ? Est-ce que vous ne serez pas en train d’empiéter sur le champ d’action des syndicats ?
Pour nous, la situation est claire. Les syndicats défendent l’intérêt des adhérents, alors que nous, en tant que parti politique, nous avons un champ plus large qui défend l’intérêt de toute la population. Par notre rassemblement, nous tenons à tirer la sonnette d’alarme sur l’érosion du pouvoir d’achat des citoyens. Notre initiative a d’ailleurs recueilli une large adhésion populaire.  De 8.000 à 9.000 de militants viendront des quatre coins du Royaume pour assister à ce grand rassemblement. Nous nous attendons également à une forte participation des femmes, ceci sans compter la présence de quelques représentants syndicalistes étrangers. Lors de ce rassemblement, nous allons focaliser l’attention sur les régions les plus proches. Nous comptons, par la suite, organiser des réunions dans plusieurs régions pour débattre de la question de la hausse des prix et dénoncer l’orientation qui privilégie le capitalisme sur le social.  

Le Parti travailliste compte-t-il partir seul aux échéances de 2009 ?
Nous restons ouverts à toutes les propositions. Nous entretenons des discussions avec les différentes formations de gauche, à savoir l’Union socialiste des forces populaires  (USFP), le Parti du progrès et du socialisme (PPS), le Front des forces démocratiques (FFD), le Parti socialiste (PS). Nous attendons que l’USFP tienne son congrès le 7 novembre pour accélérer le rythme d’une possible alliance. En perspective des échéances de 2009, nous sommes prêts à faire face à différents scénarios. Nous pouvons partir seul, partir à trois ou faire une coalition avec les quatre formations de gauche si nous arrivons à rappprocher nos points de vue sur la question des listes communes.

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