Abou Marwane : «Al Qods a besoin de tous»

Abou Marwane : «Al Qods a besoin de tous»

ALM : Le comité de tutelle de l’Agence Bayt Mal Al Qods s’est réuni le 20 décembre dernier. Quels sont les principaux résultats de cette rencontre?
Wajih Hassan Ali Al Kacem : Effectivement, le comité de tutelle a tenu sa troisième réunion à Rabat sous la présidence de Mohamed Benaïssa, ministre des Affaires étrangères. Plusieurs ministres et représentants des Etats membres étaient également présents. Il s’agit, en plus du Maroc, de l’Arabie Saoudite, l’Iran, le Sénégal et la Palestine. Sans oublier le secrétaire général de l’Organisation de la Conférence islamique (OCI) ainsi que le président de la Banque islamique de développement (BID). A cette occasion, j’ai présenté un exposé qui a porté sur les projets réalisés par l’Agence, notamment, dans les domaines de la santé, l’éducation, l’habitat, la jeunesse et le sport, tout en insistant sur l’importance de ces projets dans la préservation de l’identité de la ville sainte d’Al Qods Acharif, ses lieux sacrés et son patrimoine civilisationnel, culturel et architectural.
Qu’en est-il des contributions financières?
Je tiens à adresser mes vifs remerciements au Royaume d’Arabie saoudite pour son don généreux d’un montant d’un million de dollars au profit de l’Agence. Ainsi que la BID qui a affecté le montant de cinq millions de dollars pour porter assistance aux institutions d’Al Qods dans les domaines de l’habitat, la promotion des professions artisanales, l’enseignement et la santé. Par ailleurs, je tiens à préciser qu’à la suite de la réunion du 20 décembre, j’ai reçu une lettre du président de la BID, Ahmed Mohamed Ali, dans laquelle il affirme que la banque, est prête à financer davantage de projets dans la ville sainte. Pour ce qui est du Royaume du Maroc, nous avons, pour l’année 2004, récolté environ 2,5 millions de DH de dons des particuliers. Et nous attendons 2 millions de dollars de la part du gouvernement marocain.
Quels sont les secteurs prioritaires sur lesquels insiste l’Agence?
En fait, pour faire face à la politique de judaïsation de la ville sainte d’Al Qods, nous essayons de ne pas privilégier un secteur sur un autre. Mais force est de constater que la demande sur le terrain dépasse de loin nos capacités de financement. C’est la raison pour laquelle nous essayons de toucher aux secteurs les plus vulnérables. C’est le cas de l’éducation, de la santé et de l’habitat. Et pour créer une dynamique économique au profit des habitants d’Al Qods, nous avons lancé des projets importants tels que la construction d’un centre de l’artisanat, où une quinzaine de métiers seront développés. Les artisans auront la possibilité de produire, d’exposer, de vendre et surtout de former des jeunes à ces métiers artisanaux.
Comment s’opèrent les partenariats que vous développez avec les donateurs?
C’est un élément très important. L’Agence commence toujours par lancer un projet. Je pendrais pour exemple un projet de construction de 58 logements. L’Agence a commencé par injecter 380.000 dollars, et en cours de réalisation, nous avons obtenu un don du Croissant-Rouge emirati de 2,7 millions de DH et la BID a manifesté son intention de débloquer, pour ce même projet, la somme de 1,5 million de DH. En clair, c’est une question de confiance. Les donateurs sont nombreux dans le monde arabe et musulman. Grâce à notre sérieux et surtout à la rapidité d’exécution de nos projets, les donateurs nous font confiance et sont convaincus que leurs dons profiteront exclusivement à des projets concrets. Vous savez, l’Agence Bayt Mal Al Qods est assez jeune, créée juste depuis 1997. Pourtant, il a réussi à percer et à réaliser beaucoup plus que des associations qui existent depuis les années 1060.
Quel est le secret?
Pour la simple raison que nous ne dépensons aucun centime sur des recherches, des conférences ou des études qui ne servent à rien. L’Agence finance des projets concrets et dont l’utilité pour les habitants d’Al Qods est perceptible immédiatement.
Comment les autorités israéliennes se comportent-t-elles avec vos actions?
En fait, nous n’avons pas besoin de nous affronter, ni avec la législation, ni avec les autorités israéliennes. Aujourd’hui, 40% de la zone où les Palestiniens ont le droit de construire sont encore inutilisés. Nous pouvons donc doubler la population palestinienne à Al Qods sans confrontation. Bien évidemment, les Israéliens peuvent retarder les autorisations de construire. Mais avec de la persévérance, nous pouvons atteindre nos objectifs.
Quels sont les principaux projets de l’Agence?
Ils sont nombreux. Je citerais celui de la construction de deux écoles, pour lesquelles nous avons déjà des autorisations. L’Agence compte ouvrir un hôpital de transplantation des reins qui nécessite 1,2 million de dollars que la BID pourrait financer. Nous allons également insisté sur la situation des démunis, en mettant en place un système de micro-crédits, et des crédits logements à très long terme, etc.

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