Accouchement : Plus d’un million de morts-nés

Les complications lors de l’accouchement provoquent chaque année 1.020.000 décès pendant le travail et 904.400 décès dans les jours suivant la naissance, indiquent de nouvelles estimations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Selon ces estimations mondiales publiées dans le numéro de juin du Bulletin de l’OMS, le terme d’"asphyxie obstétricale" englobait auparavant d’autres causes de décès néonatal comme les complications de la prématurité. Ces nouvelles estimations sont celles qui ont été établies avec le plus de rigueur jusqu’ici, affirme l’OMS.
L’étude de l’OMS fait ressortir que les décès de nouveau-nés lors de l’accouchement (mortinaissances per partum) constituent le groupe le plus important des mortinaissances (27%), et que le risque de mortinatalité per partum est au moins 16 fois plus élevé chez les femmes africaines que chez celles d’Europe occidentale.
Les décès dus à l’asphyxie obstétricale représentent quant à eux 8% des décès d’enfants de moins de cinq ans, ce qui en fait la cinquième cause de décès dans cette classe d’âge après la pneumonie, la diarrhée, les infections néonatales et la prématurité. Or, l’asphyxie obstétricale ne retient guère l’attention et rares sont les fonds consacrés au problème. En outre, elle figure rarement parmi les causes mentionnées de décès d’enfants.
Le Rapport sur la santé dans le monde évoque l’incapacité à long terme en cas de survie après une asphyxie obstétricale comme un problème important, mais méconnu. Le Rapport préconise aussi une nouvelle approche pour la santé de la mère, du nouveau-né et de l’enfant qui envisage la continuité des soins en évitant de les cloisonner comme s’il s’agissait de trois questions distinctes. Selon l’étude, des solutions existent pour sauver ces vies, en particulier des soins et techniques spécialisés de réanimation du nouveau-né, toutefois les femmes et les enfants qui en ont le plus besoin n’y ont pas accès. Dans les pays riches, rappelle l’OMS, 99% des femmes accouchent en présence de soignants qualifiés. Elle ne sont plus qu’un tiers en Afrique subsaharienne et en Asie du Sud où la proportion de celles qui ont accès à des soins obstétricaux d’urgence est beaucoup plus réduite encore. Sur les quelque 5 millions de nouveau-nés à réanimer chaque année, moins de 5% bénéficient de la présence d’un soignant qui dispose des capacités et des moyens nécessaires.

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