Achaâri défend le code de la presse

Mohamed Achaâri, ministre de la culture et de la communication était vendredi soir l’invité de l’émission «likouli nass» de le deuxième chaîne de télévision 2M, pour parler du projet de code de la presse et des remous qu’il suscite dans la profession.
Pour le ministre, une lecture attentive du projet du code la presse, adopté récemment par la chambre des représentants, est suffisante pour en révéler les aspects positifs. Il a estimé que le nouveau texte préserve les principes de liberté d’éditer et de distribuer les ouvrages et les journaux sur simple déclaration, alors que des peines ont été supprimées dans dix articles et réduites dans quinze autres.
Le montant des amendes prévues dans ce code a également fait l’objet d’une réduction, a-t-il ajouté, outre le fait que les suspensions et les interdictions ne relèvent plus des prérogatives de l’autorité gouvernementale, mais de la justice.
Toujours au chapitre des nouveautés positives du nouveau texte, le ministre a fait remarquer que la saisie, qui demeure une prérogative du ministre de l’Intérieur pour ce qui est des publications nationales, relève désormais du ministre de la Communication pour ce qui est des publications étrangères. Un nouveau point est que cette mesure doit être justifiée et accompagnée de garanties judiciaires.
La personne frappée par cette mesure jouit, quant à elle, du droit de recours à l’institution du juge des référés, qui doit rendre son jugement dans un délai de 24 heures, a ajouté le ministre.
Mohamed Achaari est également revenu le contexte qui a prévalu lors de l’élaboration de ce texte, encore controversé par une partie de la profession, le SNPM en tête. Le projet du code la presse, a-t-il dit, s’inscrit dans le cadre de la déclaration du gouvernement présentée par le Premier ministre devant le parlement, et a été élaboré «en étant à l’écoute de toutes les sensibilités concernées». Les revendications du syndicat national de la presse marocaine ont quant à elles été placées par le ministre dans «le fond du projet». Le texte, a affirmé le ministre de tutelle, prévoit le droit du journaliste à accéder aux sources de l’information ainsi que le droit du citoyen à l’information, au moment où, a-t-il dit, les changements en cours dans les institutions politiques et au sein de la société sont «à la faveur de la transparence et à la diffusion des connaissances». En même temps, il a considéré que la vigilance de la société civile et des intellectuels est à même «de s’opposer aux interprétations tendancieuses et à l’utilisation abusive de la loi».
Mohamed Achaari a qualifié de «saut qualitatif» le pas franchi à travers le nouveau texte, tout en n’excluant pas l’éventualité d’enregistrer une plus grande percée à l’avenir. A propos de la réforme du paysage audiovisuel, le ministre a annoncé que les projets en phase de finalisation seront soumis prochainement au gouvernement et probablement devant la chambre des représentants au cours de la session du printemps du Parlement.
Le monopole de l’Etat de l’audiovisuel « barre la voie à une véritable concurrence », a-t-il poursuivi, notant que sans cette concurrence, « on ne peut pas garantir une production répondant aux attentes et aux aspirations des citoyens ». Les projets de réforme vont ainsi limiter le rôle de l’Etat à la mise au point de stratégies générales concernant la coordination entre les institutions, lesquelles une fois transformées en sociétés nationales auront plus de latitude à s’acquitter de leur mission, selon M. Achaari.

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