Achoura : Les pétards ont la peau dure

Achoura : Les pétards ont la peau dure

Les vendeurs font fi de la loi et des restrictions

Si l’utilisation des pétards pendant les jours de l’Achoura est entrée dans les mœurs, la vente et la commercialisation de ces produits dangereux sont strictement interdites par la loi sous peine d’emprisonnement et d’amende. Malgré l’effet dissuasif de la loi, l’utilisation des pétards ne semble pas diminuer. Plus alarmant, cette interdiction n’a pas totalement arrêté la vente clandestine des gadgets et autres artifices dangereux. Dans les quartiers populaires, les jeunes continuent d’en faire usage à leurs risques et périls créant parfois frayeur et stupéfaction chez les passants. De jour comme de nuit, les jeunes adeptes vont même jusqu’à user d’autres alternatives que les pétards pour maximiser l’effet produit par l’explosion.

Et à quelques jours d’Achoura, les marchés rivalisent en proposant toutes sortes de produits liés à cet évènement. A Benjdia par exemple, et en plein pêle-mêle des arrivées des colis de marchandises liées aux jouets d’Achoura, les commerçants sur place affirment que les autorités ont renforcé le contrôle concernant la vente de ces produits explosifs, soulignant de ce fait qu’ils ne vendent plus les pétards depuis la restriction imposée par la loi. Pourtant, il suffit d’arpenter les ruelles du quartier pour se rendre compte que la commercialisation de ces produits dangereux se fait par d’autres canaux. De jeunes vendeurs à la sauvette expliquent que l’achat des pétards d’Achoura est monnaie courante et qu’il est très facile de s’en procurer dans certains marchés à Casablanca, notamment dans les quartiers populaires comme Derb Soltane ou dans les alentours de certaines galeries.

«Vous voulez des pétards? Vous en voulez combien ? Venez, on vous fera un bon prix !», lance un des jeunes vendeurs ambulants. Discrètement, un de ses voisins l’avertit qu’il risque gros s’il se fait prendre. Une remarque à laquelle le jeune vendeur ne prête pas grande attention. Rentrant par le biais de la contrebande, un florilège de noms leur est donc attribué afin de les rendre populaires et plus attrayants auprès des jeunes : «Guelya», «Touma» ou encore «Ben Laden». Ces noms leur sont donnés en fonction de leur effet explosif, précise un des jeunes vendeurs.

Ainsi, leurs prix varient de 10 à 15 dirhams le paquet, pour les rendre plus accessibles aux enfants, expliquent les vendeurs à la sauvette. Notons que l’article 54 de la loi relative à l’encadrement des matières explosives à usage civil souligne que toute personne possédant des produits explosifs sans justification légale, les introduit dans le territoire national ou en fabrique est passible d’une peine de deux à cinq ans de prison et d’une amende de 50.000 à 500.000 dirhams, ou de l’une des deux peines.

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