Actes d’intolérance

L’amalgame entre Islam, religion de tolérance, de paix et de cohabitation entre les différentes civilisations, et terrorisme, notamment après les attentats ayant frappé les symboles de la puissance économique et militaire des Etats-Unis d’Amérique le 11 septembre 2001, a instauré un sentiment d’animosité à l’encontre des Musulmans dans l’Occident.
Ce sentiment d’animosité provoque, presque quotidiennement, des comportements agressifs dans les rues envers des ressortissants originaires des pays arabes et musulmans. Pire encore, ces derniers mois, les débordements de ces comportements hostiles aux personnes de confession musulmane ont dépassé le stade de l’intolérance verbale pour atteindre la phase de l’attaque directe des effigies de l’Islam.
Dans la nuit de dimanche à lundi, la mosquée de la petite ville italienne de San Remo, au nord-ouest de l’Italie, près de la frontière française, a été l’objet d’une tentative d’incendie. Des inconnus ont déversé un jerricane d’essence devant le portail du centre culturel islamique de la mosquée, avant d’y mettre le feu. Les flammes n’ont endommagé que la porte d’entrée de l’édifice. Les agents de la police de la région, qui ont pu prélever sur les lieux le bouchon du jerricane et un chiffon encore imbibé d’essence, écartent la thèse d’un acte « d’intolérance religieuse ». Par contre, Roberto Hamza Piccardo, président de l’Union de la Communauté Islamique (UCOI) et responsable des mosquées de la région de Ligurie, où près de 4000 immigrés de confession musulmane sont installés, estime qu’il s’agit « d’un acte d’intolérance raciste ». « Sans vouloir dramatiser les choses, nous essayons de nous protéger au mieux en renforçant les mesures de sécurité par l’installation notamment de vitres blindées et de caméras à circuit fermé », a-t-il ajouté.
En Allemagne, dans la nuit du 23 novembre dernier, une mosquée turque de Wolfenbuettel, au sud de Braunschweig, a été incendiée par sept jeunes extrémistes de droite. Ils avaient lancé contre l’édifice seize cocktails Molotov. Mardi dernier, le parquet de Braunschweig, ville située à l’est de Hanovre, au nord, a décidé de traduire devant la justice ces jeunes extrémistes, âgés de seize à vingt-deux ans. Ils ont, pour la plupart, reconnu les faits et expliqué avoir décidé d’accomplir leur forfait après une soirée bien arrosée. Certains ont également reconnu faire partie d’un groupe local de skinheads.
Il faut dire que ces comportements hostiles à la religion islamique, aux effigies de l’Islam et aux musulmans sont le résultat des amalgames entre Islam et terrorisme, véhiculés par des discours, exploitant la guerre menée contre le terrorisme.

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *